La nostalgie peut revêtir bien des formes, une odeur,
une image, une photo, un goût, un son, une musique et
c'est justement par l'intermédiaire de musique que je
vais vous parler de nostalgie. Une nostalgie qui va sûrement
toucher les seuls passionnés, joueurs depuis l'époque
révolue des pixels, des scrollings et de la taille des
sprites. De cette époque on garde en mémoire des
parties endiablées, des moments de découverte
sous un regard émerveillé, des joysticks brisés
et des mélodies lancinantes, électroniques, simples
et des fois majestueuses. Certaines restent gravées au
plus profond de notre mémoire réveillant à
coup sûr, à chaque écoute, la fibre nostalgique
et des moments d'une enfance qui ne s'est pas faite que dans
les cours de récré et autour de pots de confiture
mais aussi autour d'un ordinateur mangeur effréné
de disquettes 3 pouces et demi. Je vais donc vous parler de
nostalgie et de musique, par conséquent toutes les appréciations
qui vont suivre dans cette critique seront totalement subjectives
et ne pourront trouver grâce ou rejet que dans votre propre
oreille de passionné.
Carnet Noir
Il
n'est pas commun de commencer un article de cette façon.
C'est peut être même déplacé, maladroit.
Mais il me semblait nécessaire de placer cet aparté
en préambule plutôt qu'à la fin de l'article.
Une sorte d'hommage, modeste mais réel, à deux
personnes de grand talent qui ont participé à
Immortal et qui ne sont plus là aujourd'hui. Emportés
tous les deux par un cancer à quelques jours d'intervalle.
Richard
Joseph
23 April 1953 - 4 March 2007
http://richardjose.ph/
Richard
Joseph est l'un des grands noms de la musique vidéoludique.
Je reviens sur sa carrière dans l'article qui va suivre.
Véritable musicien technicien, il fut l'un des pionniers
qui a apporté énormément à la
musique numérique.
Nugel
Ingo
1977 - 25 Mars 2007
http://www.nugelbrosmusic.de/html/english.html
Ingo
et son frère Herring sont deux passionnés de
musique qui ont composé la musique de quelques jeux
PC, dont Settlers II, et des musiques de courts métrages
et de pub (celle pour l'Audi-R8 a été primée
en Allemagne). Ils ont composé les remix de Ghouls'n
Ghosts et de Cardiaxx pour Immortal 3.
Immortal
Immortal
nous offre un de ces moments de nostalgie à part et
que l'on saura grandement apprécier de par sa qualité
et l'originalité de son concept. Un projet de passionnés
qui nous propose à l'écoute quelques unes des
meilleures mélodies composée pour l'Amiga remixées,
revisitées, retravaillées et ce -en grande partie-
par leur propre compositeur.
Genèse
d'un projet
Le
projet Immortal a trouvé sa genèse dans l'esprit
de Ruben Monteiro, compositeur/programmeur Portugais né
en 1976. Tombé dans l'univers vidéoludique et
musical avec un ZX Spectrum, il commence à composer
en 1990 sous l'ère de l'Amiga avec l'aide du logiciel
Sound/Noise-Tracker. Ne sachant jouer d'aucun instrument classique,
n'ayant jamais appris à faire des gammes, il devient
un pur musicien tracker.


Ruben Monteiro et Jan
Zottmann
C'est
en écoutant les premiers remix studio d'oeuvres de
Chris Hülsbeck (Turrican) et Allister
Brimble (Alien Breed) que Ruben Monteiro
se lança dans la production du premier Immortal. Il
composa lui-même 8 pistes sur les 19 que propose Immortal
1. On retrouve dans cet album sorti en 1999 beaucoup de pistes
tirées de Shadow of the Beast, des
arrangements de Brimble sur Superfrog et
ProjectX, Leitch avec Arlequin
et Utopia, Sloan et Heizmann. Le résultat
est encourageant bien qu'inégal. Un jeune compositeur
allemand, Jann Zottman, travaillant alors en freelance pour
le label de Chris Hülsbeck synSONIQ record fut l'un des
acheteurs de ce premier Immortal. L'album ne fut pas à
la hauteur de ce qu'il espérait malgré l'intérêt
qu'il lui portait et écrivit à Ruben Monteiro
pour savoir si un deuxième album était en préparation
et quels seraient les points à améliorer.
Ruben
Monteiro n'étant pas intéressé dans la
réalisation d'un nouvel album, Jan Zottmann se proposa
pour reprendre le flambeau, ce qu'il fit. Le deuxième
album se concentre sur la période 1989-1993 de l'Amiga,
les reprises studio que l'on peut y trouver rassemblent les
plus influents compositeurs de l'époque : Chris
Hülsbeck, Andrew Barnabas, Tim Wright, Jochen Hippel
et Richard Joseph pour ne citer qu'eux.

Tim Wright, Richard Joseph, Chris Hülsbeck
L'album
sortira en 2002. Il faudra attendre 4 longues années
pour voir finaliser le troisième Immortal, le projet
européen de musique de jeu vidéo le plus ambitieux
jamais réalisé. Vous pouvez trouver une interview
de Jan Zottmann et Ruben Monteiro par Mahendra
Tallur au sujet de la génèse du projet Immortal
sur le site Obligement à cette adresse :
http://obligement.free.fr/articles/itwmonteirozottmann.php
Immortal
3

Jan Zottmann a poursuivi l'aventure Immortal aidé par
Thomas Böcker du studio Merregnon (studio ambitieux dont
le projet est de proposer un soundtrack -regroupant parmis
les plus grands compositeurs de jeux video- d'un jeu virtuel
n'existant que par sa bande son). Immortal 3 est sorti en
2006 sous le label SynSONIQ, il se présente sous la
forme d'un double CD regourpant 35 titres composés
ou/et arrangés par une trentaine de compositeurs que
je vais essayer de vous présenter en détail.
J'ai découvert des titres seulement par les morceaux
studio de la compilation Immortal 3 alors que certains étaient
encore bien ancrés dans ma mémoire. Afin de
faire état de cette sensibilité, je donnerai
un facteur nostalgie symbolisé par une petite étoile
* qui suivra le titre du morceau.
Ce
qui va suivre va peut être paraître un peu long
mais c'est un choix délibéré tant les
musiques et les compositions que je vais vous présenter
sont diverses et il me semblait nécessaire de présenter
un peu en détail certains compositeurs qui ont marqué
cette époque. J'ai essayé de faire de cette
critique une sorte de rétrospective succincte des musiques
de l'époque et de ceux qui ont marqué de leur
emprunte nos oreilles d'adolescents.
Premier CD
Le
premier Cd nous propose pas moins de 18 titres très
hétéroclites allant de l'orchestration symphonique
à la musique électronique pure et dure. Commençons
par Chris Hülsbeck qui nous propose trois titres
dont deux morceaux tirés de Turrican 2 et 3 *.
Ces deux morceaux portent la marque Hülsbeck, à
savoir une musique au synthé rafraîchissante
et entièrement maîtrisée. Il ne surprend
pas mais ne déçoit pas non plus tant les titres
sont reconnaissable et leur passage studio leur donne une
seconde jeunesse. C'est sur le thème d'Apydia
* que Hulsbeck nous surprend avec une reprise orchestrale
très agréable, très enlevée, qui
rappellerait presque un thème tiré d'un jeu
de rôle. Les cuivres bien présents au début
laissent place à une belle ballade de flûtes
temporisée par un piano. Superbe, Hulsbeck nous livre
une autre étendue de son talent.



Turrican 2 (sur C64), Turrican 3, Apydia
Déception
est le mot qui vient clôturer l'écoute de Gods
*. Je l'attendais avec impatience car le thème
du jeu faisait parti de ces titres qui revenaient sans peine
hanter ma mémoire vidéoludique. La reprise studio
du titre de Simon Rogers réalisé par
Jan Zottman (désolé Jan !) et
Fabian Del Priore manque singulièrement de
rythme et j'avoue ne pas digérer le changement opéré
dans l'intro avec cette voix étouffée qui vient
nous sussurer le « into the wonderful ».
Déception aussi pour la reprise de Lotus 3 de
Patrick Phelan arrangé par le même duo
et ce, sur les mêmes reproches, l'attente en moins vu
que je ne me souvenais plus du titre original. Ils vont croire
que je leur en veux mais désolé Jan ! Tu
peux mieux faire !
Agréable
surprise sur Theatre Of Death composé et arrangé
par Mark Clarke. Bien que ne connaissant pas le jeu
en lui-même ce morceau semble être un condensé
de sonorités amiga-esque (désolé
pour le barbarisme !) Personnellement j'adore, car en
une seule écoute tout un tas d'images de jeux de cette
époque se sont réveillées en moi. Je
donnerai volontiers un autre coup de coeur en ce qui concerne
la reprise de Ghouls'n Ghosts * (le deuxième
niveau, celui des moulins il me semble). Ce titre composé
par Tim Follin et arrangé par les frères
Nugel -Henning et Ingo- revit avec un superbe score
médiéval très enlevé, marqué
et rythmé par un duo flûte-guitare maîtrisé !
Du grand art.



Lotus 3, Gods, Theatre Of Death
Alien Breed * reste un des plus beaux fleurons
de l'équipe Team17. Allister Brimble lui-même
nous propose cette relecture studio qui aurait mérité
d'être plus surprenante. Le score initial est bien reconnaissable,
mais on s'attendait peut être un peu plus de la part
de Mr Brimble. Jason Page (Sensible Soccer,
Flight of the Amazon Queen et Uridium 2, que l'on trouvera
dans le deuxième CD) nous propose un Fire
and Ice * déconcertant et rafraîchissant.
Les débuts au piano classique laisse place à
un grand manège musical rappelant un peu l'explosion
que proposait le jeu au niveau des couleurs. Déroutant
mais sympathique. Retravailler façon Jazz un des thèmes
de Defender Of the Crown *, voilà ce que nous
propose Arnaud Paviot et Jim Cuomo (compositeur),
et force est de constater, et d'écouter par la même
occasion, que Castlekeep (le thème retenu) se prête
très bien au genre. Vraiment original et très
plaisant.



Ghouls'n'Ghosts, Alien Breed, Fire and
Ice
Revenons dans le classique avec une courte reprise d'un thème
d'Ambermoon. Si vous m'autorisez une petite parenthèse
ici, je glisserai juste qu'Ambermoon est la suite du très
grand jeu de rôle Amberstar créé par Thalion.
Il doit s'agir sans aucun doute du meilleur jeu de rôle
sur Amiga, rien que ça ! Fin de la parenthèse.
Revenons à cette reprise entièrement au piano
par le compositeur Matthias Steinwatchs qui nous offre
un très beau titre, mélancolique au possible,
mais un peu court. On change totalement d'univers avec Pinball
Dreams de Olof Gustafsson. Cet ancien membre d'une
équipe de démo Amiga, qui a aussi participé
au projet Merregnon, nous offre un enregistrement studio du
thème de Pinball Dreams très techno. N'ayant
pas d'affinité particulière avec ce style musical,
j'avouerai juste que j'ai bien aimé. The Plague
fait partie de ces jeux que je ne connais qu'en image. Il
faut dire que la taille des sprites marqua particulièrement
les esprits à l'époque. Ron Klaren reprend
sa composition, mixe en fond guitare électrique saturée
et piano, et parvient à restituer une bonne ambiance.
Sympathique mais sans plus.



Defender of the Crown, Ambermoon, Pinball
Dreams
Rick Hoeckmann et Hein Holt reprennent
leur musique d'intro de Disposable Hero en gardant
le thème très accrocheur et même les voix
digitalisées. Le titre est accrocheur, agréable
à l'oreille et parvient même à surprendre.
La présence d'un morceau de Chaos Engine * nous
donne l'opportunité d'écouter un des derniers
travaux d'un grand compositeur de jeu vidéo :
Mr Richard Joseph, qui nous a quitté le 7 Mars
2007. Richard Joseph a marqué d'une pierre blanche
l'histoire de la réalisation sonore vidéoludique.
Il fut le premier à implémenter des voix digitalisées
d'acteurs dans un jeu vidéo avec Mégalomania,
il fut le premier aussi à tester la musique contextuelle
avec The Chaos Engine et travailla avec de nombreux artistes
de l'époque tels que John Foxx pour Speedball 2 et
Gods, Brian May pour Rise Of The Robots, Captain Sensible
pour Sensible Soccer et Betti Boo pour Magic Pockets.



The Plague, Disposable Hero, Chaos Engine
Ce
remix de Chaos Engine raisonne malheureusement comme un au
revoir et nous renvoie, par son arrangement très proche
des rythmes Amiga de l'époque, à des souvenirs
aussi prégnants que les gâteaux de notre grand-mère.
Il restera aussi immortel que les thèmes qu'il a composés.
J'ai gardé mes deux gros coups de coeur pour la fin
de cette critique du premier CD d'Immortal 3. Tout d'abord
les deux compositions de Tim Wright, que vous devez
certainement connaître par son histoire liée
à celle de Psygnosis et de la grosse franchise WipeOut.
Cette reprise au piano du thème d'Agony * par
Tim Wright est magnifique, il se dégage de ce
morceau une véritable atmosphère mélancholique,
touchante, émouvante. Une énorme ballade qui
ne pourra laisser personne insensible. Tim Wright surprend
donc avec ce morceau, lui qui est surtout connu pour les rythmes
techno de la série des WipeOut -dont le récent
Wipeout Pure-, et les musiques des plus grands Psygnosis -Leander,
Shadow Of The beast II, The Killing Game Show, Awesome. Il
nous montre une autre facette de son talent, et d'une superbe
manière. Son deuxième morceau Aquaventura
a presque des sonorités de Grand Bleu, ne fuyez pas
: j'ai dit presque ! Il n'en reste pas moins assez hypnotique
et très Zen.



Agnoy, Aquaventura, Death Mask
On
finit ce premier CD de fort belle manière avec un titre
issu d'un jeu dont je ne connaissais même pas l'existence
et qui se place d'emblée comme une des plus belles
surprises, et un des meilleurs morceaux de l'album. Le jeu
s'appelle Death Mask,
et le thème choisi, composé par Matthew
Owens et nommé 'Something Evil' a été
arrangé par Markus Holler avec l'aide du compositeur.
Cet arrangement s'avère vraiment somptueux, le mariage
entre le violon, la flûte et la guitare électrique
nous donne un titre unique. Le départ très doux
est repris par le violon, qui laisse sa place à un
magnifique solo à la guitare électrique, qui
se tait pour laisser une flûte clore cette magnifique
reprise. Inoubliable et vraiment grandiose !
En
résumé, on retiendra de ce premier CD des compostions
différentes, de styles radicalement différents
ponctués par des chefs-d'oeuvre tels que Agony
par Tim Wright et le somptueux Death Mask. Déception
par contre sur certains titres attendus tels que le Gods
de Simon Rogers.

Photo prise à la Game Convention
de Leipzig en Août 2007 De gauche à droite :
Allister Brimble, Olof Gustafsson, Matthias Steinwachs, Henning
Nugel, Alexander Prievert, Chris Hülsbeck et Jan Zottmann
Deuxième
CD
Le
deuxième CD d'Immortal 3 est lui aussi rempli à
craquer. 17 titres sont ici proposés à nos chastes
oreilles, 17 titres que nous allons, avec plaisir, vous détailler
dans la suite. On s'était quitté avec Tim
Wright, nous allons le retrouver pour introduire ce second
volet d'Immortal 3 avec la reprise studio du thème
de Shadow Of The Beast 2*. On retouve les percussions,
le rythme très tribal qui caractérise si bien
l'ambiance des Shadow Of the Beast. Tim Wright nous montre
encore une fois qu'il est un grand compositeur. Ork
est une sorte de remake héroic fantasy de Killing Game
Show. Tim Bartlett reprend sa propre composition,
et autant le dire tout de suite : je n'ai vraiment pas accroché
à ce score électronique. Peut être la
musique du Killing Game Show est-elle trop présente
dans ma tête. Le deuxième CD nous propose aussi
Speedball 2* composé par Simon Rogers
et interprété par Christian Pignon. Il
s'agit bien là du même arrangement, on ne peut
donc pas être déçu : le remix est sans
surprise, mais diablement efficace et nerveux. Du tout bon.



Shadow of the Beast 2, Ork, Speedball 2
And
now something complety different ! On a eu droit à
du jazz, de l'électro, du classique mais pas encore
à une chanson pop assez décalée ! C'est
chose faite avec Trolls, composé par Philip
Nixon et arrangé par Juha Kaurista. C'est
décalé, fou, drôle, épatant, une
très bonne surprise ! On revient à de la
musique électronique pure et dure avec Elfmania
composé par Aleksi Eeber et arrangé
par Hannu of Hursin. Le titre est rapide nerveux, très
techno dans son approche, mais offre une réinterprétation
agréable. A noter qu'Aleksi Eeber est issu lui aussi
de la grande scène des démo makers Amiga des
pays nordiques, comme un certain Jesper Kydd.
Allister
Brimble revient sur ce second CD avec un autre titre de
sa grande discothèque, Overdrive. Pour
réparer un oubli impardonnable, je vais vous dresser
un rapide portrait de Mr Brimble qui commence sa -longue-
carrière de compositeur en 1987 avec Thunderbirds sur
Amiga pour ensuite exploser et composer prés de 200
musiques de jeux vidéo jusqu'à aujourd'hui.
Dans cette liste, on retiendra les musiques de Body Blows,
Alien Breed (Immortal 3), SuperFrog et celles inoubliables
de Project X pour Team 17 sur Amiga (présents sur Immortal
2), la série des Xcom, Mortal Kombat 2 et Driver 1
et 2. Une brillante carrière qui malheureusement se
concentre actuellement sur des titres GBA et DS de seconde
zone. Autant avouer que cet enregistrement studio d'Overdrive
est loin des mélodies somptueuses de Project X et déçoit
un peu.



Trolls, Elfmania, Overdrive
Super
Cars 2* revu par son compositeur Barry Leitch (au
passage, j'apprécie vraiment son travail sur Utopia)
est un titre hybride et déconcertant. Vraiment. Débutant
par un rythme tranquille très Reggae, il vire ensuite
dans l'électronique pure et dure au rythme beaucoup
plus soutenu. Personnellement, je ne suis pas vraiment friand
de ce mélange des genres, et j'aurais bien aimé
écouter l'arrangement Reggae intégral qui partait
très bien. Une sorte d'OSNI (Objet Sonore Non Identifié)
en quelque sorte. Bjorn Lynne est lui aussi passé
par la case démo makers sous le nom de Dr Awesome.
Il fut le compositeur des musiques déjantées
du jeu Worms et de ses séquelles. Il poursuit
sa carrière en tant que musicien à part entière
et a déjà sorti plusieurs albums. Il nous propose
un arrangement tiré du jeu Brat *. Ballade sympathique
et joyeuse sous un rythme reggae là aussi. Très
agréable. Avec Uridium II, Jason Page
nous propose un titre radicalement différent de Fire
and Ice. On reste dans de la musique électronique marquée
par de belles envolées et un rythme lancinant très
sympathique. Du très bon Jason Page et un bel arrangement
d'Uridium II.



Super Cars 2, Brat, Uridium II
Jochen
Hippel nous propose sur ce second CD deux titres. Jochen
fut le principal compositeur de Thalion, développeurs
Allemands très connus et reconnus. Il a composé,
entre autre, les très belles musiques de Chambers Of
Shaolin, The Seven Gates of Jambala, Tangram, Wings of
Death et Amberstar (je ne dirai jamais assez le
plaisir que m'a procuré ce jeu de rôle à
l'époque !) et les deux morceaux d'Immortal 3
sont tirés de ces deux derniers titres. Commençons
par Wings Of Death, dans lequel on retrouve les sonorités
très caractéristiques de Jochen Hippel dans
sa grande période Thalion. Un rythme synthé
très entraînant pour un morceau long, ce qui
lui permet d'alterner les périodes et de proposer au
final un arrangement assez riche. Un bon titre réservé
par contre à ceux qui ont gardé une certaine
sensibilité nostalgique. Amberstar, quant à
lui, débute par une intro au piano très lente,
assez mélancolique qui se voit rejoindre par un synthé
pour une ambiance qui n'est pas sans rappeler Eric Serra (oui,
je sais, côté référence je suis
un peu court !) Un titre très calme et très
agréable qui gagne en rythme vers la fin avec l'apparition
de la batterie. Sympathique.



Wings of Death, Amberstar, Leander
Matthew Simmonds est aussi présent deux
fois dans ce deuxième CD avec Leander (dont
il n'a composé que le thème de la page de titre
le reste du score étant composé par Tim Wright)
et Cardiaxx. Vous connaissez surement Matthew Simmonds,
surtout si je vous dis que c'est à ce Monsieur qu'on
doit notamment les musiques de Diablo, Serious Sam, Warcraft
II et Sudeki. Les deux titres que l'on trouve sur Immortal
n'ont toutefois pas été arrangés par
Matthew. Leander * a été arrangé
par Juha Kauristo. L'apport de la batterie donne un
dynamisme bienvenu au thème original, très fidèlement
reproduit ici - une réussite, autant pour les nostalgiques
que pour une première écoute. Cardiaxx,
quant à lui, a été arrangé par
les frères Nugel déjà à
l'origine du très bel arrangement de Ghouls'n Ghosts.
Et autant le dire tout de suite : ils restent sur leur excellente
lancée. Une intro guitare saturée très
hard rock qui amène un arrangement nerveux, rapide
qui ne faiblit jamais pour notre plus grand plaisir.



Cardiaxx, No Second Prize et Pinball
Fantasies
J'en
arrive au gros coup de coeur de ce second CD avec No
Second Prize de Matthias Steinwachs, dont
l'arrangement a été appelé à juste
titre « Grand Prix Of India ».
Matthias Steinwachs nous avait déjà proposé
l'arrangement piano d'Ambermoon sur le premier CD ; il revient
ici avec un titre très new age. Une voix féminine
indienne très douce vient introduire le titre, l'arrangement
électronique vient après le bruit du moteur
de la formule 1 du jeu d'origine. Très calme, très
zen, très agréable à écouter,
même sans fibre nostalgique. Personnellement, j'adore.
Olof Gustafsson fait lui aussi son retour avec un nouvel
arrangement sur un jeu de flipper. Pinball Fantasies
reste dans une approche techno de haut vol qui ne dépareillerait
pas dans la bande son d'un Wipe Out. Coup de coeur lui aussi !
Les deux derniers titres d'Immortal seront plus réservés
aux nostalgiques tant leurs sonorités se rapprochent
de celles que l'on rencontrait à la sortie de nos Amiga.
Katakis de Darius Zendeh et Obsession « Death
Run » de Per Almered ne trouveront grâce
qu'auprès des nostalgiques ayant déjà
joué à ces jeux.


Katakis, Obsession
Ce
deuxième CD est dans la lignée du premier, proposant
des titres aussi divers que variés. Je retiendrai surtout
Speedball 2, No Second Prize, Pinball Fantasies
et Shadow of the Beast II.
Conclusion
On
arrive à l'inévitable question qui vient clore
toute critique: cette compilation vaut-elle l'achat? Je répondrai
oui et deux fois oui si on a connu cette ère de la
micro informatique ludique. Immortal 3 marque surtout l'arrivée
à la maturité du projet Immortal et se place,
de par sa quantité, sa diversité et surtout
sa qualité, comme le meilleur opus. Jan Zottmann travaille
en ce moment sur Immortal 4, et les 2 titres que j'ai eu le
plaisir d'écouter en avant première -dont celle
des Voyageurs du Temps par Jean Baudlot
lui-même- mettent déjà l'eau à
la bouche. Merci Ruben, merci Jan pour ce formidable travail
qui nous permet avec plaisir de nous replonger dans notre
jeunesse et de rendre hommage -enfin- à ces compositeurs
souvent méconnus. Procurez vous Immortal 3, vous ne
le regretterez pas.
Site
Officiel Immortal, où vous trouverez diverses informations
sur les précédents Immortal et où les
commander :
http://www.amiga-immortal.com/
Jarel