A
l'annonce d'une manifestation à base de pixels, la Grospixels team ne pouvait
décemment pas rester de marbre et ignorer la chose. Après une rapide
délibération (de deux semaines) pour trouver une date qui convienne
à David, nous tombons d'accord pour un déplacement à deux
le samedi 16 décembre sur Beauvais, lieu de l'expo. Il convient à
ce propos de féliciter David pour avoir réussi à se liberer
quelques heures dans son planning overbooké de fonctionnaire de l'éducation
nationale. Hum...
Pour rappel
(pour ceux auxquels la news en page d'accueil aurait échappé), il
s'agit ici d'une expo gratuite et ouverte au public de 8 jours sur le thème
"jeu vidéo & pixel art". L'exposition en elle même
se divise en deux parties: "
Le pixel-art militant !" et "Genèse du pixel : le jeu vidéo
2D". A celà il était prévu d'ajouter une série
de manifestations disséminées tout au long de la semaine sur place
et dans la salle de cinéma jouxtant le centre culturel. Ces manifestations
étaient à base de concerts de musique 8 bit, conférence,
projection de pixels sur grand écran et aussi une curieuse "pixel
battle" à laquelle nous avons pu assister. Cette dernière épreuve
amicale permettait à tout à chacun de s'essayer à la création
en direct de sprites 2D à base de gros pixels en essayant de faire mieux
que les artistes spécialisés dans le genre qui étaient présents.
Nous sommes
donc partis de chez moi en début d'après midi, un peu en retard
sur l'horaire prévu car il a fallu que j'arrache la Wiimote des mains de
David. Enfin sur la route ce dernier commence à se plaindre qu'on ne roule
pas assez vite et que ce n'est pas la peine d'avoir une voiture noire si on ne
peut pas envoyer les autres véhicules dans le rail de sécurité.
La dessus, il se plonge en bougonnant dans le lecture de mon EDGE, qu'il a sournoisement
piqué dans mes wc. Celà dit, le crime ne paye pas puisqu'au bout
de 5 minutes le bougre se plaint de nausées, une spécialité
qu'on ne peut malgré tout pas lui réfuter, à lui et à
tout sa famille d'ailleurs.
1h15
plus tard, nous voilà aux portes de Beauvais, fleuron de l'architecture
picarde, sous une pluie battante, une semaine avant Noël donc. Bonheur total,
quand il pleut on ne sent pas les effluves émanant de l'usine d'éponge.
Qu'importe, lorsqu'il s'agit d'aller tâter du pixel, un Grospixellien a
toujours le moral au beau fixe... sauf dans le cas présent ou David maugrée
que je pourrais quand même brancher mon GPS sinon on va y passer les fêtes.
Je m'arrête, branche l'appareil, et 5 minutes plus tard, nous sommes devant
le centre culturel ASCA (ASsociation Culturelle quartier Argentine). Le temps
de faire les tour des immeubles alentours, de manquer de rentrer en voiture dans
un bâtiment et de finir dans une impasse (c'est vrai que le GPS c'est surprenant
des fois !), on se gare et on entre dans le vif du sujet.
Première surprise : c'est petit, très petit ! L'ensemble de l'expo
doit s'étendre sur 50 m² dans une salle constituée en gros
d'un cube et d'un cylindre de parties égales. La salle ronde est dédiée
à une sélection choisie de machines typiques du jeu vidéo
à gros pixels. Le matériel a été prêté
par l'asociation MO5, comme en témoignent les nombreux moniteurs Thomson
TO7 antiques. David détaille toutes les machines sur les photos. L'autre
partie de la salle est, à l'heure ou nous y sommes allés, réservée
à la pixel battle dont je parle plus haut. A noter qu'on pouvait compter
3 vidéoprojecteurs dédiés à cette manifestation, plus
un projecteur de diapos qui faisait tourner une sélection de vues alternant
créations en pixel art et images de jeux vidéo classiques du genre.
Pour la visite
guidée, je m'en remet aux photos abondamment commentées de David.

Ci-dessus l'entrée de l'expo, située dans un centre culturel de
Beauvais, qu'empruntent ici quelques membres du groupe
de musique 8-16 bits devant se produire le soir même.

D'autres événements étaient au programme le jour de notre
venue, notamment une projection spéciale "gros pixels"
sur grand écran. Hélas, notre passage éclair ne nous a pas
permis d'y assister.

L'exposition se tient dans une seule et même pièce. A gauche en entrant,
une large table circulaire sert de support
à une dizaine de machines très célèbres sur lesquelles
tournent autant de shoot'em ups de grande renomée. La quasi-
intégralité de ces machines, toutes prétées par MO5.com,
sont en accès libre.

Sur ce cliché pris depuis l'extrêmité gauche de la salle,
l'on distingue les nombreuses projections d'images effectuées
sur les murs de la pièce. En haut à droite, un diaporama de quelques
vieux jeux nous émerveille de ses pixels obèses
tandis qu'au fond de la salle s'évertue une poignée d'artistes du
'pixel art' à créer, en temps limité, diverses oeuvres
originales.

Ci-dessus, deux des trois écrans géants qui servent à présenter,
en temps réel, l'avancée du travail des artistes.

Comme on le voit ici, tous les âges sont représentés. A droite,
un exemple typique de ce que le 'pixel art' peut proposer de mieux.

De retour sur le table circulaire, Phyl et moi testons les quelques poids lourds
qui y sévissent. Ici, Thunderforce
4 sur
Megadrive nous rappelle
à quel point nos réflexes peuvent être rouillés. Le
moniteur utilisé est celui-là même qui
envahit nos écoles dans les années 80 lors du déferlement
massif du TO7 dans les
classes - un beau signe de
longévité pour cet écran vieux de vingt ans.

L'Amiga 500 et l'illustre
Battle Squadron, hélas
dans sa version NTSC - donc non plein écran. Scandale : l'une des deux
manettes ne fonctionne pas correctement, rendant le jeu à deux impossible.
Phyl et moi demandons immédiatement
dédommagement. Peine perdue : l'exposition étant gratuite, nous
n'obtenons rien en échange de ce sérieux
désagrément . Un vrai scandale, vous dis-je.

La Neo Geo et Alpha Mission
II, l'un des tout premiers jeux de la console.

L'Atari Flashback et sa sélection de 20 jeux, tous issus de la logithèque
Atari VCS et Atari 7800.
Cette machine, toute
récente, ne fait hélas qu'émuler les jeux en question plutôt
que d'intégrer le hardware des consoles originales.

Side Arms, de Capcom, tourne sur une vraie borne d'arcade JAMMA, hélas
pas en free play. Juste à côté trône fièrement
le jukebox
de la NES, que l'on ne trouvait
que dans les magasins de l'époque soucieux de démontrer ce dont
la console était capable.

L'Atari VCS, dans l'une des
ses versions les plus anciennes, et la Super
Nintendo, toute fière de montrer à quel point elle est capable
de faire ramer ses jeux de première génération - Super R-Type
constitue, dans ce domaine, une référence.

L'Amstrad CPC 464 en
version monochrome, et sa très bonne adaptation de Commando. La cassette
utilisée pour charger
le jeu étant une copie, nous nous empressons, en bons citoyens que nous
sommes, d'avertir les services anti-
piratage de Beauvais, qui se chargent de fermer l'exposition juste après
notre départ. Il faut dire que l'incident
de la manette défectueuse sur l'Amiga nous a bien échaudés.

Le MSX VG 8020 de Philips,
et l'extraordinaire Nemesis
2 de Konami.

La Master System et Sagaia,
un opus de la saga des Darius
de Taito.

Cachée dans un coin de la pièce, une vitrine présente, en
vrac, la console mort-née de Nec, la Supergrafx ; le cartouche Neo Geo
de
Samurai Showdown...

... l'Atari 2600 dans son
luxueux habit noir ; le Commodore
64 dans son affreuse robe beige sale ; la version portable de la PC-Engine,
la PC-Engine GT ; la Neo Geo Pocket ; la Megadrive portable, la Nomad ; l'une
des innombrables consoles Pong-like de la fin des
années 70...

... le ZX Spectrum et
quelques uns de ses périphériques ; le *tousse* Hector 2HR, que
je *retousse* faillis acheter à la
place du Commodore 64 *s'évanouis rien qu'en y repensant*...

... le Videopac et sa
manette pas vraiment ergonomique ; la manette de la Neo Geo CD, et deux cartes
PC-Engine.

Finissons notre tour d'horizon par ces deux bornes d'arcade qui, mine de rien,
font la joie de joueurs plutôt jeunes...

... à commencer par celle-ci, qui abrite un shoot'em up ...
puis celle-là, qui n'est autre qu'une Mamecab disposant de
up homebrew faisant l'apologie du pixel de grande taille (la dizaines
de jeux cultes. A en croire nos jeunes joueurs, le seul
version à laquelle nous avons pu jouer ne contenait hélas titre
vraiment valable n'est que Metal Slug (soupirs).
que deux niveaux très courts)...

Dernière pièce de l'exposition : ce PC portable, en parfait état
de marche.
Voilà,
pas grand chose à se mettre sous la dent mais tout de même de quoi
saluer ce type d'initiatives encore trop rares, raviver des souvenirs heureux
et alimenter quelques conversations bien rétro sur la route du retour,
malheureusement entrecoupées de râleries de David qui vient d'apprendre
qu'en son absence, une épidémie de gastro est déjà
en train de sévir chez lui. J'apprends d'ailleurs au milieu de ce déballage
de plaintes qu'il est aussi en colère car il n'a pas réussi à
reserver son Gamertag pour le online PS3 sur le site de Sony. Je ne préfère
pas commenter cette dernière assertion et me concentrer sur la route, n'étant
pas à l'abri d'une manoeuvre subite de mon passager essayant d'ouvrir la
portière en roulant afin d'arracher de rage un ou deux rétroviseurs
aux autres automobilistes.
Fin du roadtrip, rapide mais sympathique.
Phyl
& David