Le 1er site 100% français, consacré à l'histoire des jeux vidéo
Grospixels  
mascottes    
mail favoris
 
news
articles
dossiers
systemes
bonus
forum
liens
lexique
redaction
grosquiz

Sega Master System
(1985 - 1995)

 

Histoire

Nous sommes au début des années 80, et après avoir développé avec succès quelques jeux pour les premières consoles commercialisées, Sega décide de produire la sienne. C'est d'abord, en Juillet 83, la SG-1000 qui essuie les plâtres, console intéressante (CPU NEC 4-bits à 1.2 Mhz, 64 Ko de RAM), mais mal distribuée par Sega qui manque d'expérience, et ne sortira jamais du Japon, sauf sous la forme d'un micro-ordinateur, le Sega SC-3000 (ou Yeno SC-3000, boosté par un 8-bits NEC cloné sur le Z80 et sorti en Novembre 1983), et encore en quelques milliers d'exemplaires seulement, dont la majorité resteront invendus. Ensuite, en 1984, la Sega SG-1000 Mark II sort au Japon, et commence timidement sa carrière. Equipée d'un clavier (en option), elle se situe à la frontière entre la console de jeux et le micro-ordinateur, et se montre un peu plus performante que la SG-1000 Mark I, le CPU étant cette fois cadencé à 2.3 Mhz. Sa carrière se limitera également au Japon.


Sega SG-1000, Sega SG-1000 Mark II et Sega/Yeno SC-3000

Ces première tentatives sur le marché de la micro et des consoles échouent en raison d'un contexte peu favorable. On est en plein crash du marché du jeu vidéo, les consoles sont passées de mode, et des micro-ordinateurs 8-bits très peformants comme les Atari 400/800 et le Commodore 64 cassent la baraque. Fin 83, la sortie du standard MSX au Japon sera la coup fatal porté au SC-3000 (au hardware très proche mais hélas pas totalement compatible) et aux consoles SG-1000 et Mark II, pour lesquels Sega finira quand même par éditer une centaine de jeux par pure fidélité envers sa clientèle, ces jeux étant stockés sur des cartes mémoires insérables. Aujourd'hui, ces produits sont devenus des proies pour les collectionneurs.

Peu après la sortie de la Nintendo Famicom au Japon, Sega décide de se lancer à son tour dans le développement d'une console 8-bits basée sur le hardware du SC-3000 : Ce sera la Sega SG-1000 Mark III, sortie en Octobre 1985, qui dispose (en plus de son port cartouche) d'un second slot pour pouvoir utiliser les cartes des Sega 4-bits. On peut également la transformer en micro-ordinateur au moyen d'un clavier et de divers accessoires, sans qu'elle ne s'intègre pour autant au standard MSX. La SG-1000 Mark III, sous cette forme, ne connait toujours pas le succès escompté. On l'assimile trop facilement aux précédents produits de Sega, et elle subit durement la concurrence de la Famicom, qui a su créér un nouveau besoin avec son prix très bas, sa facilité de mise en oeuvre et son catalogue de jeux très fun et alléchant.


Sega SG-1000 Mark III, future SMS.

Pendant ce temps, Nintendo prépare une sortie internationale de la Famicom (déjà très populaire au Japon), sous le nom de NES, par une approche novatrice mais très prudente du marché américain. Encouragé (et surtout très inspiré) par ce type de marketing et la réussite de la NES, Sega décide de relooker la SG-1000 Mark III, de la rebaptiser Sega Master System (SMS), en réponse à la Nintendo Entertainment System, et de la lancer aux USA, en 1986. Hélas, la SMS va subir de plein fouet le raz de marée provoqué par la NES, soutenue par une campagne de promotion riche et envahissante contre laquelle Sega n'est pas financièrement armé pour lutter. Pourtant, la SMS est supérieure à la NES d'un point de vue technique, avec son microprocesseur 8-bits Z80, ses 16 Ko de RAM, ses 32 sprites simultanés et ses graphismes en 256x212 16 couleurs.


Présentation des jeux SMS, ici Outrun 3D.

La SMS est une console qui peut utiliser des jeux stockés sur des cartouches ou des cartes-mémoire (pour la compatibilité descendante avec les Mark I et II), qui peuvent emmagasiner moins de données, mais coûtent moins cher. Comme tous les systèmes vendus à l'époque, la SMS est présentée comme une console dont les jeux apportent autant de fun que des jeux d'arcade, à défaut de soutenir la comparaison en ce qui concerne les graphismes. Hélas, il n'en est rien dans la pratique, et on ne peut nier que la SMS a souffert toute sa carrière d'un cruel manque de bons jeux, auquel n'ont pu pallier des accessoires pourtant sympathiques et originaux, comme les lunettes 3D vendues par Sega. De plus, lorsque la console est lancée aux USA, Sega cède les droits de distribution sur le territoire Américain à Tonka, compagnie qui vend des jouets dans le monde entier et qui, par manque d'expérience dans le domaine des jeux vidéo, commet des erreurs fatales de marketing. Par exemple, alors que la SMS dispose tout de même de quelques bons titre, comme Psycho Fox, développés essentiellement par des sociétés Européennes, Tonka met en avant des daubes comme Cloud Master sous prétexte de leur origine Américaine. Pendant ce temps, Nintendo sort des merveilles comme Legend of Zelda, qui, malgré leur appartenance à la culture Japonaise sont adoptées par les joueurs du monde entier sans problème...

Après le lancement de la Megadrive en 1988, renfloué par le succès de celle-ci, Sega rachètera les droits d'exploitation US de la SMS et finira par sortir de bons jeux, mais beaucoup trop tard. En Europe, les choses se sont tout de même mieux présentées : la SMS a été accueillie sans préjugé par un public très friand de Sega en tant que constructeur de bornes d'arcade. C'est sur ce succès sur le vieux continent que Sega basera sa politique consistant à continuer de produire des consoles malgré la domination écrasante de Nintendo.


Exemples de jeux SMS, Alien Syndrome et Zillion II

En dehors de son lancement globalement saboté, la principale raison de l'échec de la SMS aura été la NES. Lorsque la SMS est lancée, Nintendo détient près de 90% des parts de marché, les autres 10% étant partagés par l'Intellivision, en fin de carrière, et l'Atari 7800, qui n'enregistre que peu de ventes. Il est donc logique que la NES soit la priorité des développeurs de jeux, aux dépends de tout autre concurrent, problème renforcé par la politique commerciale de Nintendo : à l'époque, toute société qui programme des jeux NES est liée par un contrat d'exclusivité à… Nintendo. Cela veut dire que si un développeur veut s'aventurer sur un autre terrain, il doit apprendre à se passer des millions de ventes assurées par une sortie sur NES. Evidemment, lorsque la SMS arrive sur le marché, la plupart des éditeurs les plus en vue ont déjà signé avec Nintendo.

Plus tard, cette politique sera combattue par des pressions gouvernementales aux USA, et carrément interdite en Europe, dans la mesure où elle représente une violation de la loi anti-trust, mais elle aura eu le temps de tuer la SMS dans l'œuf. Les seuls développeurs important à sortir des jeux sur cette console sont Activision et Parker Brothers, et Sega devra se contenter de développer de clones déguisés des autres titres à succès.


Carmen San Diego (Parker Bros) et Rampage (Activision), deux des rares jeux SMS à ne pas avoir été produits par Sega / Tonka.

Le parcours européen très honorable de la Master System encourage Sega à sortir, en 1990, la Sega Master System II, c'est à dire la SMS présentée dans un boîtier plus petit et vendue moins cher. Cette nouvelle console relance un peu les ventes de jeux SMS et marche correctement eu Europe, mais toujours pas aux USA. Elle sera vendue jusqu'en 1995, uniquement sur le marché Européen les dernières années, où sortiront quelques excellents jeux que les Américains n'ont pas connus, comme la version SMS de Sonic the Hedgehog.


Sonic.

La technologie de la SMS lui a survécu, puisque Sega l'a utilisée pour la Game Gear, sa console portable destinée à concurrencer la Game Boy, qui n'est rien d'autre qu'une SMS portable. Les jeux SMS ont également poursuivi pendant un temps leur carrière, grâce au Power Base Converter, un adaptateur pour Megadrive permettant d'y jouer, destiné avant tout à permettre aux revendeurs d'écouler leurs stocks de jeux SMS à bas prix.
 

Jeux et accessoires


Phantasy Star, que les spécialistes considèrent comme le meilleur jeu jamais sorti sur SMS.

On l'a dit, la ludothèque de la SMS est en majorité composée de jeux moyens, Sega n'ayant pas toujours fait l'effort d'utiliser les possibilités intéressantes de sa console pour offrir de bonnes adaptations de ses jeux d'arcade. Ceci dit, quelques titres surnagent, comme le jeu de rôle Phantasy Star, qui est apparu sur SMS mais a fait une superbe carrière sur Megadrive avec une saga digne de Final Fantasy. On note aussi dans les bons jeux Golvellius, Golden Axe Warrior et Zillion.


Golden Axe Warrior, un bon jeu, et Enduro Racer, une conversion de jeu d'arcade ratée.

Quant aux accessoires, le plus mémorable est la paire de lunettes 3D, un produit très novateur à l'époque de sa sortie, et qui plus est très réussi. Hélas, seuls 6 jeux 3D sont sortis sur SMS : Blade Eagle 3D, Maze Hunter 3D, Missile Defense 3D, Poseidon Wars 3D et Zaxxon 3D, et les lunettes ne fonctionnent pas avec la SMS II. Le manque de succès de la SMS n'explique pas pourquoi aucune autre expérience de la sorte n'a été tentée par la suite.


Zaxxon 3D.

Un système de réalité virtuelle nommé Stunt Master, sorte de casque virtuel, a été aussi commercialisé. Ces deux accessoires sont aujourd'hui très recherchés des collectionneurs, mais il sont très rares, d'autant plus que leur solidité est plus que discutable (comme d'habitude avec Sega, diront les railleurs).

La NES étant pourvue en série d'un pistolet optique, il y en a eu bien sûr un pour SMS, appelé Light Phaser, bien meilleur que celui de Nintendo, et calqué sur celui utilisé par le héros d'une série animée Japonaise, "Zillion". Le light Phaser est si réaliste qu'une association de parents fait (et gagne) un procès contre Sega, le tribunal ordonnant que les Light Phaser soit relookés pour moins ressembler à de vraies armes, des gamins s'en étant paraît-il servi pour attaquer des petits commerces. Les pistolets ainsi retouchés sont très très rares, et les collectionneurs dépensent des fortunes pour les acquérir (ils ont le canon repeint en orange).


Shooting, exemple de jeu utilisant le Light Phaser.

Un trackball pour SMS a fait une courte apparition sur le marché, appelé Power Ball Sport Pad, mais un seul jeu à été prévu pour l'utiliser, Sports Pad Football, très mauvais au demeurant. Une palette graphique a aussi été annoncée, ainsi qu'un lecteur de disquettes, mais aucun des deux n'est sorti.
 

L'Emulation

Il existe deux émulateurs excellents de SMS : Massage, et Master Gear. Ils peuvent aussi bien faire tourner (sur PC) les jeux SMS que les jeux Game Gear, Massage proposant une émulation parfaite (son, support joystick), et Master Gear étant encore en phase de développement. Quant aux ROMS, elles sont pratiquement toutes disponibles sur le net si on se donne la peine de chercher.


Laurent

Votre avis nous intéresse

Votre avis nous intéresse

12/07/2001 - Kitano (de push-start)

J'ai relu l'article, et il est vraiment intéressant.
En tout cas, quoi qu'on dise sur son manque de succès, la master system de Sega aura été finalement la console de la firme ayant eu la plus longue durée de vie.
Voir des jeux développés dessus de 1985 à 1995, soit sur une période de dix ans, ce n'est pas rien, surtout pour Sega.
La master system étant la première console que j'ai eue, j'ai une affection toute particulière pour celle-ci.
Il y a pour moi de très bons jeux dessus.
Grace aux brocantes, j'en possède aujourd'hui une cinquantaine. Parmis mes préférés :

- psycho fox : (qui ne semble pas avoir été conçu en europe comme vous semblez le dire, vu le caractère typiquement japonais de ce jeu) : A mon avis, aussi bon qu'un mario bros, et d'une qualité graphique tout simplement incroyable. alors que beaucoup de jeux sur cette machine souffraient de clignotements de sprites, là tout est parfait.
- phantasy star, bien sûr
- Golden axe
- space harrier : belle adaptation
- penguin land : excellent puzzle game / plate-forme
- Shinobi : j'étais fan du jeu d'arcade original, et cette adaptation est plutôt réussie.
- altered beast : en soi ce n'est pas un bon jeu, mais à l'époque vu mon jeune âge je pense, j'avais adoré tuer du zombie après m'être transformé en loup garou.
- La série des Alex kidd : incontournable (encore une réponse à mario, mais avec des délires typiquement SEGAistes, comme le jeu du pierre/papier/ciseau)
- Black Belt : j'aime bcp ^_^
- out run : en version normale ou lunettes 3D.
- After Burner : Vraiment beau pour l'époque.
- Zillion : je l'ai eu récemment, mais le principe m'a l'air très intéressant, même s'il semble quelque peu pompé sur le jeu "impossible mission" que j'avais sur CPC pour ma part.

Et beaucoup d'autres.

Effectivement, beaucoup de jeux avaient un intérêt supérieur sur NES. Mais à l'époque, quand je faisais tourner ma master system devant mes potes, qui eux avaient tous une NES, beaucoup étaient impressionnés par la qualité graphique.
Il y a eu quelques jeux pour le light phaser (le pistolet) :

- rambo III (sympa)
- opération Wolf (un classique)
- Rescue mission (un jeu très orignal où il faut protéger un secouriste qui se déplace sur une plate-forme qui évolue sur des rails)
- Safari hunt (soit intégré dans la rom de la machine, soit livré en bundle en cartouche avec deux autres jeux de tir, dont je n'ai pas les noms sous la main, mais je vérifierai lors de mon prochain voyage dans ma chambre d'enfant "parental". L'un était un tir aux pigeons, l'autre se déroulait dans un stand de tir)

Enfin je possède 2 accessoires très pratiques :

L'adaptateur Master System pour megadrive, qui me permet de jouer à mes cartouches master system sur la megadrive.
L'adaptateur Master system pour game gear : idem, je n'ai pas un seul jeu au format game gear. Je joue tout simplement à ma collection de jeux master system sur ma game gear, et c'est très bien comme ça, même si à l'inverse de la GBA, il vaut mieux jouer dans le noir total pour y voir quelque chose qu'y jouer en plein soleil.

Voici donc toutes les raisons pour lesquels j'aime beaucoup cette première console de Sega sur le territoire européen.
 

08/03/2002 - Petitevieille (de push-start)

"on ne peut nier que la SMS a souffert toute sa carrière d'un cruel manque de bons jeux" 
"On l'a dit, la ludothèque de la SMS est en majorité composée de jeux médiocres" 

je ne peux pas laisser dire ça ... 

Shinobi, Alex Kidd in Miracle World, Alex Kidd in Shinobi World, Phantasy Star, Golvellius, Wonderboy (tous), Golden Axe, Golden Axe Warrior, les Sonic, Bubble Bobble, Rainbow Islands, New Zealand Story, Galaxy Force, Ys, Double Dragon, Zillion 1 & 2, Fantasy Zone, After Burner, Out Run, Space Harrier, California Games, Psycho Fox, Teddy Boy, Ghost House, Operation Wolf, Ghouls´n Ghosts, Mickey Castle of Illusion, Star Wars, R-Type, Action Fighter, Kung Fu Kid, Enduro Racer, Choplifter, Power Strike 2, et puis j´en ai marre, j'en oublie, mais ça fait déjà pas mal. 
(bon, je ne dirai pas que la SMS a été la première console à la maison, on va me dire que je suis partial après. Mais c'est sûr que je l'aime beaucoup la petite Master System...  ) 

Bref, c'est dur de dire que la SMS a une ludothèque médiocre. Elle est excellente la SMS.