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Ici commencent les ennuis... |
Aucun
d'eux n'a dû passer son bac. |
Attention :
ce test contient des vrais morceaux enrichis d'Ultima.
Avant toute consommation, merci de vous être préalablement
assuré d'avoir bien suivi le dossier
Ultima Saga de l'ami Phyl.
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En
voilà un bel écran titre ! |
Voui,
c'est meuoua. |
Pfff,
encore un Ultima...
Ultima
Underworld est un spin-off, comprenez ici un épisode
indépendant de la saga. Sorti en pleine saga Ultima
VII, et contrairement à sa suite Labyrinth
of Worlds, The Stygian Abyss ne
met pas en scène le Gardien, et peut donc se jouer à
n'importe quelle époque.
Transporté en pleine nuit dans le monde de Britannia,
vous assistez impuissant à l'enlèvement de la
fille de Lord Almric par un troll, qui s'enfuit dans la forêt.
Lorsque la garde survient, on vous accuse à tort de la
responsabilité de ce drame, et vous êtes jugé.
En guise de prison, vous êtes enfermé dans l'abysse
stygienne, un donjon creusé dans une montagne volcanique
où règnent d'autres habitants punis pour divers
crimes. Pour quelqu'un qui a sauvé à maintes reprises
le royaume, on ne fait pas vraiment de cadeau à l'Avatar.
Ah ça, quand on a besoin d'aide, on sait à qui
demander ! Bonjour la présomption d'innocence.
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Kess'ta
toua ? Tu m'cherches des noises ? |
Un
peu de soleil sur la peau ne lui ferait pas de mal. |
Outre
jouer le remake de La grande évasion, la quête
de l'Avatar va donc se focaliser sur la recherche de la captive
et de ses ravisseurs, qui semblent bien venir de l'abysse, et
connaissent donc le moyen de sortir. Le problème, c'est
que l'on commence en sous-vêtements. Il va donc falloir
vite s'équiper, et ce en fonction de ses caractéristiques.
En effet, une fois l'intro passée, le passage obligé
de la création de personnage, cher au genre ludique,
vous demande de choisir entre autres l'arme de prédilection
de l'Avatar (épée, hache, masse...) et une habilité
principale (les talents d'acrobate sont très conseillés).
La force permettra de déterminer le poids maximum supportable
pour porter l'inventaire, l'intelligence compte pour la mana
et la réussite de lancement des sorts, et la dextérité
pour les sauts, la natation, le crochetage de serrure... Plus
la possibilité de jouer un perso masculin ou féminin,
avec son propre nom, ce qui est toujours très agréable.
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Le
niveau 2. Et il y en a 8 comme ça. |
Faut
pas rester près du bord, Madame, c'est dangereux... |
Bienvenue
à Alcatraz.
L'abysse est composée de huit niveaux de profondeur,
plutôt vastes pour un donjon, et avec un level design
assez tordu, assortis de mines, labyrinthes, rivières
souterraines, torrents de lave... et de quartiers habités.
Une vraie petite vie souterraine civilisée s'est mise
en place, et chaque confrérie défend ses propres
intérêts. Pour exemples, le premier niveau vous
placera au milieu d'un conflit entre les Gobelins gris et les
Gobelins verts ; plus bas, les nains vous demanderont de
les débarrasser d'un Beholder qui a pris ses quartiers
dans leur exploitation minière ; encore plus bas,
les trolls et les chevaliers de l'ordre de Crux Ansata solliciteront
également vos services. Le système de discussion
est très évolué, comme à l'habitude
dans Ultima, tout en vieil anglois (voire même
en langage lézard - bica yeshor'click !), et il
faut faire très attention à ses propos, sous peine
d'énerver son interlocuteur, qui n'hésitera pas
à prendre les armes pour vous faire payer votre insolence.
Attention, en cas d'objet essentiel perdu (et il y a moyen de
les perdre !), ou de tout personnage indispensable estourbi,
il devient impossible de finir le jeu. Il faut faire très
attention à ce que l'on entreprend. Il est possible de
faire du troc avec ceux qui sont enclins à discuter,
et pour les autres, on peut les combattre.
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Et
on descend un peu plus... |
Le
100 mètres papillon, ça crève. |
L'inventaire
est divers et varié, avec son lot de torches, bougies
et lampes à huile indispensables puisqu'on est en milieu
fermé, nourriture en tout genre (maïs, poulet...),
armes, ustensiles... À noter que certains sont combinables
ou interactifs : essayez par exemple d'utiliser le maïs
avec la torche. Attention, tout cela pèse, et il devient
vite urgent de gérer des pièces de stockage verrouillables
(mais pour se protéger de qui ? je n'ai jamais rencontré
de problèmes de vol). Même l'équipement
primaire comme le casque ou l'armure est pris en compte, et
les plus évoluées en métal plein pèsent
très lourd.
Un mot sur l'interface, très efficace : elle ressemble
un peu à celle d'Ultima
VI, en plus design. Les combats se font en temps
réel, dans un contexte très arcade : l'emplacement
du curseur de la souris au moment de la préparation de
l'attaque détermine le type de coup (piqué, tranché...),
et une jauge de force maîtrisée par le maintien
du bouton gauche de la souris indique la puissance du coup.
Mais il faut aussi gérer les déplacements, et
dans une pièce où l'on est cerné par quatre
zombies sans tête, il faut manier l'art de l'esquive.
Et
là, vous vous dites : OK, c'est Ultima
sans la lumière du jour, c'est bien mais ce n'est pas
indispensable lorsqu'on a Ultima
VII. Eh bien, le point fort du jeu, celui qui lui
a valu 99% par Génération 4 et 100% par Tilt et
Joystick, c'est bien sûr son moteur technique. Et là,
c'est la claque.
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Le
troc est souvent possible. |
Le roi des nains, assoiffé par l'or. |
Affublé
d'une paternité mal attribuée, Wolfenstein
3D de chez ID Software est trop
souvent considéré comme le fondateur des FPS (First
Person Shooter). Faux. Archi-faux. Mensonges. Félonie.
Ultima Underworld est sorti deux mois avant
Wolfenstein,
et le surclasse techniquement, ainsi que son illustre successeur
Doom, sur certains points.
Ultima
Underworld se déroule en vue subjective, avec
un déplacement à la souris conseillé. Première
remarque qui frappe, le mode de déplacement est chaloupé
façon caméra embarquée, ce qui n'apparaîtra
dans les FPS qu'à partir de Doom.
Deuxième exclusivité, le personnage peut et doit
regarder en haut et en bas, notamment pour ramasser certains
objets et pour occire quelques bestioles comme les rats, vers
et araignées ; cela ne reviendra qu'à partir
de Dark Forces
et Heretic.
Et on continue : Ultima Underworld gère
le saut et intègre des phases primordiales de plates-formes
toujours très stressantes. Le saut est une option gérée
à partir de Dark
Forces et Hexen.
De même, parmi les sorts lançables se trouvent
la lévitation et le vol, repris dans Heretic
et Hexen.
L'architecture
des niveaux a elle-même des années d'avance :
les passages sont rarement à la même hauteur, permettant
d'avoir des niveaux avec des plafonds élevés et
d'autres bien plus confinés. Il existe même des
ponts, deux coordonnées pouvant ainsi se chevaucher (au-dessus
et en dessous dudit pont) : on y reviendra qu'à
partir de Dark
Forces (décidément !), et de
Duke Nukem 3D
(et encore, par une astuce de changement de niveaux) !
De même, les couloirs sont souvent en pente et non pas
uniquement composés d'escaliers (certaines rivières
sont à remonter en pente !), il faudra attendre
1996 et Duke Nukem 3D
pour revoir cet élément. Les pièces sont
très rarement carrées, beaucoup de passages comme
les mines sont déformés et biscornus. Pour achever
le tableau, les épreuves de natation (très biens
simulées, avec les remous) sont propres à Dark
Forces. Ah oui, évidemment, puisqu'il y
a des torches, la lumière est gérée. De
l'obscurité à la lumière pleine d'une lampe
à huile, en passant par le faible éclairage d'une
bougie, tout ceci n'apparaîtra que dans Doom.
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Range
ta chambre ! Oh non... |
Les
shrines, pour booster ses capacités. |
Raaah,
j'en vois encore qui sont sceptiques (NdL : Moi, par exemple,
car Ultima Underworld est un de rôle qui intègre
des éléments de FPS, et pas l'inverse, donc la
comparaison avec Wolfenstein est peut-être déplacée).
Alors, si on ajoute le fait que le jeu gère la gravité,
l'amplitude des sauts (qui évolue dans le jeu avec l'évolution
des capacités acrobatiques), et les dégâts
dus aux chutes ; les différentes phases supposées
de jour et de nuit ; le repos, l'alimentation ; l'empoisonnement,
la dégradation des objets ; les nombreux personnages
du jeu, l'inventaire très complet ; l'expérience
et l'évolution des caractéristiques (par les shrines
de vertu), les nombreux sorts (par le système génial
de runes) ; et de nombreuses quêtes pour une intrigue
finalement très intéressante, je pense ne pas
trop m'enflammer en qualifiant Ultima Underworld
de JEU CULTE.
Allez,
des petites critiques pour finir : les textures ne sont
pas très belles ni très variées, et se
déforment à leurs extrémités. De
plus, les personnages et ennemis sont vraiment pixélisés
(ceci dit, je compte au moins 20 modèles différents).
La fenêtre de visualisation n'est pas très grande,
elle le sera un peu plus dans Labyrinth
of Worlds, la résolution aussi. Les sons
ne sont pas exceptionnels, juste quelques voix digitalisées
dans des séquences cinématiques ; les thèmes
musicaux sont néanmoins sympathiques (mais ont un rendu
Adlib). Enfin, certains éléments ne servent carrément
à rien (les mandolines, un levier ou deux...), ce qui
donne l'impression que tout n'a pas été mis en
place en temps et en heure.
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Je
vole ! Je vole ! |
Même
les chauve-souris s'y mettent. |
Le
jeu n'est plus très exploitable sur nos bécanes
actuelles, sauf si l'on passe par un émulateur DOS appelé
Dosbox (http://dosbox.sourceforge.net),
excellent pour tous les abandonwares. Une version remise au
goût du jour est en cours de développement (Phyl
en a parlé dans son dossier).
Une version Playstation existe, très peu connue
car non exploitée en dehors des limites de l'archipel
: voir l'article la
concernant.
Tonton
Ben, en quête des vertus (c'est pas
gagné !).