A sa sortie sur GBA,
Circle of the Moon a fait parler de lui en bien. Le support sur lequel il tourne a beau être bourré de défaut — je désigne ici la première version de la console, oui, celle avec son écran illisible faute d’être retro-éclairé — le jeu en lui-même prouve qu’il est possible d’avoir son Metroidvania portable : un jeu beau, long, et riche à souhait, apprécié par beaucoup, et une agréable surprise quand on songe qu’il n’est pas issu du studio KCET, mais d’une filiale Konami à la réputation plus aléatoire.
Seulement voilà, dans le concert de louanges entourant Circle of the Moon, il y a une voix discordante. Et, pas de bol, c’est une voix qui porte loin. Celle d’un type qui , à l’époque, se prend un peu pour Dieu le père et estime avoir droit de vie et de mort sur la licence Castlevania. Mais oui, vous savez bien de qui je parle : ce bon vieux
IGA. N’allez pas croire que je vais lui taper dessus : je lui suis bien au contraire reconnaissant d’avoir donné une seconde jeunesse à l’une de mes sagas préférées. Seulement, Igarashi, à l’époque où nous nous situons, en 2001, a plus ou moins pris la grosse tête et ne supporte pas de voir le moindre épisode de Castlevania lui passer sous le nez sans y avoir apposé son sceau. Ce qui le conduit dans un premier temps à faire un beau caca nerveux du style :
« ouais, l’histoire de Circle of the Moon, c’est n’importe quoi, faut surtout pas qu’elle soit validée dans la timeline, c’est de la merde ce jeu… » Enfin bon, je vous la fais en version condensée.
Dans un second temps, alors qu’il devrait se pencher un peu plus sur le bon développement de
Lament of Innocence plutôt que de casser du sucre sur le dos de ses collègues, le gars IGA décrète qu’il va s’occuper lui-même de créer une vrai suite à Symphony of the Night sur portable, et qu’on va voir ce qu’on va voir. Une année plus tard, apparaît donc
Concerto of Midnight Sun, édité en occident sous le titre
Harmony of Dissonance. Nouvelles critiques élogieuses à l’arrivée, d’autant que le jeu se veut un peu plus lisible dans son action — même si sur ce point, rien ne vaut le changement de GBA pour le modèle SP, preuve que Naintondu s’est bien payé ta gueule en refourguant l’un des pires matos de toute l’histoire vidéoludique — et techniquement plus impressionnant, avec le retour des boss énormes composés de plusieurs sprites.
Je fais partie de ceux qui ont énormément apprécié Circle of the Moon et ont attendu sa suite avec d’autant plus d’impatience qu’elle était signée KCET — n’oublions pas qu’à ce moment, le studio bénéficie encore d’un aura exceptionnel, tant par la qualité objective de ses jeux que la « propagande » dispensée par certaines revues, du type Joypad.
Une douzaine d’heures de jeu plus tard, mon enthousiasme s’est singulièrement refroidi, tant vis-à-vis des commentaires ultra élogieux que la qualité du travail de KCET. Bien sûr, Harmony of Dissonance fait le job… mais l’impression affreuse d’avoir droit à une repompe de SOTN quasi-constante et en moins bien ne m’a pas quitté, là où Circle of the Moon avait un cachet propre et apportait un brin d’innovation avec son système de cartes permettant des combinaisons de gameplay hallucinantes.
Autre problème, la structure « du » château, labyrinthique à souhait (en raison d’une astuce scénaristique dont je me serais volontiers passé) fait que près de la moitié du temps passé sur le jeu l’a été à tourner en rond plus qu'autre chose !
Enfin, les musiques d’un Castlevania sont une composante essentielle de la série : pour l’occasion, Konami nous a vendu le grand retour de
Michiru Yamane et il a effectivement lieu… le temps d’un unique morceau. Pendant tout le reste du jeu, j’ai davantage subi la musique qu’autre chose, me demandant même parfois si le compositeur avait des notions de solfège, d’harmonie ou savait au moins se servir d’un séquenceur. Puis j’ai fini par me faire une raison en comprenant qu’Harmony of Dissonance ne portait que trop bien son titre occidental : effectivement, que de dissonances…
Bref, c’était le regard que je portais à l’époque sur ce jeu, et après y avoir rejoué sous ému dans des conditions nettement plus confortables (merci Visual Boy advance M), c’est encore le regard, plus adouci, plus nuancé (si, si !), que je lui porte. Je serais curieux de connaître celui des autres grospixeliens.