Sorti assez discrètement, Apotheon est le nouveau titre développé par Alien Trap, auxquels on doit notamment les très bons Capsized et Autocraft.
Contrairement à ce qui a pu en être dit à certains endroits, Apotheon n'est pas un Metroidvania mais bel et bien un RPG dont la parenté avec la série des
Dark Souls est pourtant évidente, mais j'y reviendrai.
Le jeu nous place dans le contexte de la Grèce antique où l'on incarne Nikandreos, un guerrier qui lors de l'attaque de sa ville découvre que les dieux sont en train d'abandonner l'humanité. Hera, sœur et femme de Zeus, averti l'aspirant sauveur qu'il va devoir rétablir l'ordre des choses en allant secouer les puces de son mari volage. Lors d'un petit tour par l'Olympe où différentes divinités l'enverront en quête d'artefacts, Nikandreos découvrira que la situation n'est pas aussi simple qu'annoncée...
Comme on peut le voir, Apotheon mise énormément sur les très nombreuses références culturelles hellénistiques, à commencer par sa direction artistique absolument splendide. L'idée des développeurs a été de reprendre le style visuel des céramiques de figures rouges par Euphronios, et dire que ça claque est un euphémisme!
Je ne vais pas tergiverser, les captures d'écrans disponibles un peu partout parlent pas eux-mêmes, mais le fait de voir s'animer ces figures, accompagnées par des bruitages souvent plein de sens, est quelque-chose d'assez exceptionnel dans l'histoire du jeu vidéo. Sans compter que les développeurs ont pris soin d'apporter divers effets pour un rendu de céramique, donnant ainsi l'impression d'évoluer sur un support original et non pas seulement un jeu. C'est juste bluffant, et un pari risqué mais particulièrement réussi, conférant à Apothéon une expérience exceptionnelle.
Alors, quel est le lien avec
Dark Souls? Le truc est simple: prenez le gameplay de cette série, collez-le sur un jeu 2D et vous obtenez Apotehon. Qu'il s'agisse de la gestion des pièces d'armure ou des armes qui toutes se détruisent à l'usage, du système de combat qui exploite pleinement l'environnement, l'évolution du personnage, sa jauge d'endurance à gérer lors des affrontement, la structure imbriquée de ses zones de jeu et j'en passe, tout rappel
Dark Souls, y compris sa difficulté.
Sur ce point, si le jeu démarre assez tranquillement, les choses se corsent une fois la première quête acceptée, tout simplement parce-que chaque ennemi est potentiellement mortel. Il faut donc prendre chaque combat comme un duel ultime dont on ne peut réchapper qu'en utilisant judicieusement le level design tout en jonglant d'une arme à l'autre. De même, les zones de jeu comportent leur lot de pièges bien retors, avec à la clef quelques énigmes, PNJ isolés et autres épreuves particulièrement salées à relever. Il faut d'ailleurs noter que les ennemis ont tendance à tomber sur le joueur par petits groupes plus ou moins organisés, avec des tireurs à l'arc, des épéistes, des lanciers et autres bestioles. Les esquives, blocages, contre-attaques et autres sorts nécessitent d'être maîtrisés rapidement, sans quoi c'est le game over assuré en quelques secondes.
S'en suit une tension à chaque rencontre, renforcée par le fait que de nombreuses zones nécessitent d'utiliser une torche, et induit donc le fait qu'il est impossible d'utiliser un bouclier pour bloquer les assauts qui arrivent de toutes parts.
Ceci dit, Apotheon propose un système de crafting très simple qui permet au joueur de créer ses propres potions pour l'aider dans sa quête et donc d'adapter l'utilisation de ces dernières en fonction de ses besoins du moment. Néanmoins, le tout est très chiche, le joueur étant ainsi forcé a bien gérer son inventaire sous peine de devoir redémarrer une zone.
Sur ce point, et contrairement à
Dark Souls, il est impossible de récupérer les éléments que l'on a pu trouver avant de mourir (bonus divers, armes, armures, etc.). Il faut donc tout recommencer si l'on souhaite s'équiper de la superbe armure +15 que l'on a croisé dans une grotte avant qu'un lancier nous transperce du haut d'un escalier pendant que les flammes dévoraient l'étage. Et plus on progresse, plus le jeu est sans pitié, incitant le joueur à se surpasser dans sa maîtrise de l'environnement et des commandes.
Pour le moment, j'ai (presque) fini l'Hadès. Et j'ai vraiment ramé pour en arriver là alors que je joue en normal (la difficulté olympienne est, d'après certains retours, absolument horrible). Mais j'adore! C'est hyper prenant, on rage souvent et la découverte de nouvelles zones de jeu est un tel plaisir que j'en redemande!
PS: jeuxvideo.com a sorti une review écrite et en vidéo concoctée par Romendil. Une fois de plus, elle est passée à côté du jeu. Vous pouvez toujours y jeter un œil, mais autant se fier à un serial killer pour garder ses enfants...
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"Il n'est pas de lutte plus violente et déterminée que celle d'un homme face à son envie d'aller aux toilettes" - Karate Boy