En quelques jours, j'ai dévoré
Fable the Journey. C'est simple, j'ai complétement adoré ce jeu. C'est pour moi le meilleur jeu Kinect, et de loin...
Déjà, concrètement, the Journey, c'est quoi ? C'est un épisode de Fable qui a un gameplay très spécifique mais qui est complétement intégré à la saga et à son scénario. Du coup, ne cherchez pas ici le gameplay de la série de Lionhead. Pas de déplacement libre, pas de rpg, pas d'équipement, etc.
Ici, le gameplay est composé en deux grands axes :
- les phases à cheval durant lesquelles le joueur tient les rênes de sa carriole. Durant ses phases-là, le joueur doit éviter les obstacles (déplacements latéraux) et gérer l'allure de Seren, la jument de Gabriel (le héros). Ici, il y a très peu de challenge. Tout l'accent est mis sur le plaisir de voyager, de contempler la route, de discuter avec les passagers de la carriole (Gabriel n'est jamais seul). De temps en temps, il faudra choisir un chemin, mais ces choix sont anecdotiques.
- les passages à pied, durant lesquels le joueur doit combattre des ennemis en utilisant les gantelets magiques. Concrètement, ca ressemble à un rail shooter (déplacements auto) dans lequel Gabriel doit utiliser sa main gauche pour pousser/tirer/faire décoller des objets ou des ennemis, ainsi que sa main droite pour lancer des sorts de magie (éclair, lance, boule de feu...). Ces phases-là sont beaucoup plus riches que celles à cheval, puisque les ennemis sont très variés (plus que dans Fable III par exemple), et du coup, le joueur doit avoir des comportements très divers (arracher un bras à un Homme Creux pour virer son bouclier afin de pouvoir l'allumer avec la magie par la suite, etc.). Les possibilités sont nombreuses et le gameplay est nettement plus riche qu'il n'y paraît.
Un peu de points d'XP et de character building par ci, quelques énigmes par là, un peu de phases à la Kinectimals demandant au joueur de s'occuper de Seren (les liens que l'on tisse avec cette jument sont d'ailleurs très forts. Plus qu'avec le chien de Fable II, à mon avis), et voilà, vous avez tout.
Ce gameplay bicéphale alterne donc les phases de combat et les phases de déplacement. Du coup, le jeu utilise cette structure pour proposer une aventure linéaire. Extrêmement linéaire. Mais dans the Journey, c'est complétement soutenu par le propos. Ici, il s'agit de vivre le périple de Gabriel, ce héros qui a une destinée. Ce héros qui doit effectuer son voyage. Car c'est bien de cela qu'il s'agit : le voyage...
Fable the Journey, c'est le plaisir simple de partir d'un point A pour atteindre un point B. Le plaisir de contempler Albion depuis les yeux d'un voyageur (l'utilisation de l'
Unreal Engine fait que Albion n'a jamais été aussi belle, à mon avis). Et le plaisir de vivre un voyage avec toutes les étapes que cela comporte. Rencontrer d'autres gens, avoir des voyageurs se joignant au convoi, discuter avec eux et partager leur vie le temps de quelques kilomètres... Ou encore s'arrêter quand Seren est fatiguée. Faire une escale. Faire un feu de camp. S'occuper de la monture pour pouvoir repartir le lendemain matin à l'aube. Jamais je n'ai ressenti aussi fortement dans un jeu vidéo ce plaisir simple que l'on peut avoir à effectuer un long voyage. Alors vi, si vous cherchez la liberté de Fable I, II ou III, vous allez être décu.
Mais là où Fable the Journey m'a surpris, c'est dans sa capacité à s'intégrer à la saga principale. Mieux : il complète parfaitement l'arc narratif de la première trilogie. C'est la conclusion de Fable I, II et III, et il se passe ENORMEMENT de choses dans cet épisode. Je ne vais pas spoiler, mais les références aux épisodes principaux sont superbes, et certains personnages majeurs vont voir leur destin être chamboulé dans cette épopée. Et même ce personnage de Gabriel, qui semble arriver comme un cheveu sur la soupe au tout début du jeu, va jouer un rôle capital dans l'histoire de Fable. Pas de spoil, mais sachez que les fans de la saga doivent au moins découvrir ce qui se passe dans the Journey.
Bref, c'est un énorme coup de coeur. Lionhead a pris le concept et l'univers de Fable et les ont repensés pour en faire un jeu Kinect narratif, touchant (certains passages sont des crève-cœurs, mais vous vous en doutez, c'est la marque de fabrique de la série), et surtout immersif. Et surtout, surtout, contemplatif. Ca fait plaisir de voir un jeu prendre le temps de créer des moments de calme, de contemplation, alors que la plupart des jeux modernes veulent toujours tout faire péter de partout...
Après, le jeu n'est pas parfait car le jeu peut être un poil répétitif (mais bon, il ne dure que 8/10 heures donc l'ennui n'a pas le temps de s'installer), et de temps en temps, Kinect est en difficulté, mais c'est très rare, et surtout, ca ne pourrit jamais l'expérience. De toutes facons, le jeu n'est pas challengeant. Ce n'est pas le propos. Ici, il s'agit surtout de vivre un périple, et d'accompagner la destinée de Gabriel.
Il est surtout très agréable de voir un vrai jeu ambitieux pour Kinect, et quand Gamekult parle d'un jeu "AAA Kinect", c'est complétement vrai. Visuellement et artistiquement, le jeu est au top, et on est bien loin des trop nombreuses productions Kinect vite expédiées. Lionhead a visiblement abordé ce jeu comme un autre jeu de la saga, et ca se sent. Les musiques de Russell Shaw font toujours mouche, l'humour de Fable est toujours aussi marquant et la beauté des décors d'Albion (que l'on connaît déjà, ce qui rajoute au plaisir de les visiter sous un autre angle) est saisissante.
Bref, si vous avez Kinect, c'est un immanquable.
Si vous aimez Fable, ca va être dur de faire l'impasse sur cet épisode, tant les révélations sont nombreuses.
Si vous aimez les jeux qui se veulent différents, je ne peux que vous le conseiller.