Tintintin tiiiiiinnn...
Cric.. Crac...
Bwhouaheuuuaoueeuh !!!*
Arghhh !!!
Kri-kri...
BOUM !!!
Grandiose, tout simplement grandiose. Voilà, c'est le terme peut-être le plus approprié pour qualifier
Resident Evil 4. Grandiose de chez grandiose, d'une grandiosité sans précédent dans toute l'histoire de la grandiosité grandiositante.
A franchement parler, je partais sur pas mal d'à priori sur ce
Resident Evil, sachant que je suis très attaché à l'idée de base qui consiste à un gros mix entre La Nuit des morts-vivants et
Alone in the dark, le tout avec un aspect cinématographique appuyé et son scénario qui se coupe, se recoupe et se tranche à coups de couteau.
Egalement, je flippais beaucoup suite à l'annonce de la part action particulièrement prononcée tant j'ai vu de titres de qualité tomber au champ d'honneur, à la gloire de l'adaptation du marché actuel des jeux vidéo et de son public d'jeuns rebel qui aime quand ça pète et quand ça saigne.
Mais bon, je me le suis choppé d'occasion, et puis ça va me permettre de faire un break avec une X-box qui commence à surchauffer tant elle tourne, donc voilà.
Après une petite présentation qui a surtout pour rôle d'expliquer à ceux qui n'ont pas suivi au fond le pourquoi du comment et ainsi d'introduire Léon Kennedy ayant pour objectif une mission tout juste digne d'un mauvais épisode de Texas Ranger, mais ça, on s'en fout, parce-que très vite, dès les premières minutes du soft, on prend conscience de là où se situe l'intérêt du titre, à savoir un jeu d'action à la sauce survival horror sur-boosté à grands coups d'inspiration cinématographiques, de bande-dessinée, d'autres jeux vidéo et de tout un tas de choses qui composent la forme et le fond de ce jeu absolument démentiel.
Totalement jouissif, le gameplay est conçu de manière à ce que le joueur, même novice en matière de
Resident Evil, trouve rapidement ses marques et puisse profiter pleinement du festival qui s'offre à lui: un délire d'action gore pur jus, haletant, totalement prenant, sans aucun temps mort, allant crescendo dans l'exaltation de la mise en scène et des situations complètement barrées. Un trip vidéo ludique sans précédent.
Continuellement, le joueur est mis sous pression, ne sachant jamais vraiment quoi va se passer quand, avec qui et parfois même où, sans compter avec quoi.
Ainsi, on se retrouve assailli de toutes parts par des hordes de zombies déchaînés et assoifés de sang, chacun y allant de son petit objet fêtiche pour couper, trancher, mollester, découper, charcuter, brûler, broyer ou exploser.
On se dirige donc avec grand empressement vers la cabane la plus proche où l'on se barricade avec ce qu'on a sous la main: une comode pour bloquer la porte d'entrée, un buffet pour interdire l'accès aux fenêtres ou une table pour éventuellement gêner les indésirables.
On envoi notre protégée se planquer dans une armoire au premier, on descend au rez-de-chaussée normalement bien sécurisé par l'ameublement improvisé et on prie.
Dehors, les hurlements se font plus forts, les cris de plus en plus distincts et le curieux/suicidaire pourra apperçevoir entre deux planches de bois faisant office de murs que les villageois zombies sont à quelques dizaines de mètres tout au plus, torches à la main: ça va chauffer.
Et là, tandis que l'on attends de pied plus ou moins ferme l'assaut qui promet d'être très rude fusil à pompe gorgé à ras-bord, plus rien, silence radio total. On jette un oeil et la nuit est tellement sombre que l'on ne peut plus rien distinguer du tout. Tiens, se seraient-ils enfuit voyant qu'ils ne pouvaient pas rentrer grace à mon ingénieuse barricade ?
Bien qu'on ai un petit doute, celui-ci s'estompe et au bout d'une minute d'un silence à couper au couteau, on commence à prendre confiance, jusqu'au moment fatidique...
BAM !!!
Des coups contre la porte de la baraque!!!
D'autres contre les fenêtres, d'autres encore contre les murs, ça cogne, de plus en vite, de plus en plus fort, la tension monte, une petite musique se fait entendre, l'adréanaline monte à même vitesse que la peur, on recule de quelques pas dans un coin de la grande salle du rez-de-chaussée, on braque son arme en jettant un oeil au moindre recoin de la maison tentant d'apperçevoir un bout de zombie, et d'un coup, alors que la baraque elle-même commence à trembler de toutes ses planches de bois pourri, le buffet s'écrase à terre sous les assauts des créatures mi-humaine, la porte vole en éclat, les débrits s'éparpillent au fond de la pièce, on se baisse pour éviter d'être blessé dans ce fracas pourssièreux, c'est parti, on est à la foire et le gros lot est au bout du compte: des dizaines de zombies s'engouffrent par la porte, se marchent les uns sur les autres, certains n'ont plus de tête suite à une décharge de plomb, d'autres sont en feu, d'autres encore jouent de la hache dans le tas. C'est Broadway.
Mais là, tandis que l'on maîtrise à peu près la situation, l'une des fenêtres du rez-de-chaussé vient elle aussi de rendre l'âme avec la commode qui allait bien, là, juste dans vostre dos. d'un coup, ça devient plus corsé.
La situation commence à tourner et battre en retraite semble la décision la plus sage pour éviter de se faire trucider, d'autant que quelques-uns de ces visiteurs d'un soir vous ont laissé quelques souvenirs bien marquants et que la jeune damoiselle au premier, si vous venez à mourrir, finira sans nul doute dans leurs griffes.
On grimpe l'escalier en marchant à l'envers, en faisant face aux zombies qui arrivent de plus en plus massivement vers vous, et bien que le fusil à pompe fasse son office de façon très honorable, les munitions ne vont pas tarder à manquer...
Rapidement, je jettes un oeil au premier voir si la jeune fille est toujours bien cachée mais c'est aussi à ce moment précis que les zombies ont décidé de rameuter quelques-uns de leurs copains et d'installer deux échelles en bois au niveau de chaque fenêtre du premier étage: là, on est dans la grosse panade.
Dans un espace d'environ 7 mètres carrés, on dois tenir, tenir jusqu'à quand, jusqu'où, impossible de le savoir, mais il faut tenir.
plus une seule cartouche pour le fusil, on passe alors au lourd, la grenade incendiaire, histoire de faire un peu de dégâts. Pour cinq ou six zombies en flammes et/ou démembrés, 20 débarquent de plus belle.
Péniblement, on atteint l'échelle pour la faire chuter jusqu'en bas, entrainant deux-trois zombies dans le lot mais ils se relèvent, continuellement et le flot devient de plus en plus important, obscurisant presque totalement les environs, cette clairière où rien ne permet d'appeller au secours...
Resident Evil 4, un pied absolu, une expérience vidéo ludique ultime, un bijou, tout simplement.
*cri du zombie le soir au fond des bois
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"Il n'est pas de lutte plus violente et déterminée que celle d'un homme face à son envie d'aller aux toilettes" - Karate Boy