Eh bien justement, je suis arrivé à la fin du DLC... mais je ne sais pas si je ferai le dernier challenge (à ce que je crois ? la course contre le clone sombre, à moins qu'il y ait encore un boss derrière)

Pas qu'il me soit définitivement inaccessible, mais il va falloir s'entraîner assez, et le côté aléatoire des épreuves rend l'apprentissage complexe. On verra : mais pour l'heure, je suis assez contenté avec le jeu même s'il lui manque, définitivement, un petit quelque chose pour se hisser au niveau des grands noms du genre de ces dernières années,
Shovel Knight par exemple. Du coup, je vais en faire un petit bilan !
Déjà, je trouve que le jeu a un sacré paquet de qualités, qu'il faut lui reconnaître. Graphiquement, il est souvent très joli, notamment en mode 16 bits :
Le mode 8 bits est aussi très sympa, avec des inspirations de Ninja Gaiden certes, mais aussi de
Castlevania 2 ou 3, et l'ensemble est sacrément agréable à parcourir, avec des zones assez diverses dans leurs stéréotypes (le volcan, la montagne enneigée, la forêt, etc.). J'ai eu un gros coup de cœur pour l'île tropicale du DLC, qui m'a beaucoup fait penser à
Donald Duck in Maui Mallard, l'un de mes jeux favoris de tous les temps !
Musicalement, j'ai aussi beaucoup aimé certaines pistes, notamment la forêt de bambous :
...même s'il est vrai qu'elles ont néanmoins tendance à toutes se ressembler au bout d'un moment, à ce que j'ai trouvé. Enfin, niveau gameplay, l'ensemble est particulièrement vif et nerveux, et les challenges pour récupérer certains sceaux de pouvoir, ou certaines zones du DLC, demandent à faire preuve d'une grande dextérité qui m'aura presque fait penser à ce qui était exigé dans certains
Kaizo Mario, quand on doit alterner entre coup, rebond nuage, la cape pour planer... L'idée de redonner un saut après un coup relève du génie, tant et si bien que je m'étonne de ne pas l'avoir vu plus souvent !
Évidemment, la transition du platformer linéaire au metroidvania, puis du passé au futur, est aussi une belle idée. La seconde est déjà vue, évidemment : on pense à Sonic CD, on pense à
A Link to the Past ou
OCarina of Time, avec des zones qui exploitent assez bien la transition comme la rivière turquoise. La transition entre platformer / metroidvania est pour moi, en revanche, inédite ; du moins, je ne retrouve pas d'autres exemples du genre. Même sans le savoir, je m'en doutais un peu cependant, notamment dans la forêt de bambous, où je remarquais que les portes fermées et qu'on ouvre avec des molettes pouvaient toutes se réouvrir de l'autre côté... C'était nécessairement le signe, au miminum, d'un peu de backtracking. Quant aux dialogues, enfin je les ai vraiment trouvés charmants voire drôles : c'est vraiment mon style d'écriture, et j'ai souvent souri, voire ri, pendant certains échanges.
En revanche, en revanche : pour chacune de ces qualités, il y a quand même un défaut qui la tire vers le bas. Graphiquement, le jeu est réussi, mais il n'y a pas vraiment de fulgurances et surtout, on se lasse de voir constamment les trois ou quatre même ennemis, et les animations sont assez chiches. Musicalement, comme je le signalais, la majorité des pistes finissent par se ressembler. L'association 2D linéaire / metroidvania est intéressante sur le papier, mais en pratique, cela conduit donne une carte générale assez mal pensée, avec pas mal de corridors que l'on doit retraverser encore et encore dans un sens, puis dans l'autre, sans possibilité d'accélérer la cadence. L'exploration ne nous offre surtout que des objets de quête, et peu de nouveaux pouvoirs à part les sandales pour marcher sur l'eau ou la lave, et qui sont clairement sous-exploitées.
Le passage entre passé et futur est plus cosmétique qu'autre chose, on n'a pas vraiment de liberté de choisir notre progression, ou de réfléchir vraiment à des énigmes ; et même, cela n'influence absolument en rien l'histoire, comme on ne peut pas modifier le passé ou créer des paradoxes. La difficulté est bien calibrée lors de la première aventure, avec cependant des pics de difficulté assez surprenants (notamment le boss du marais des champignons, qui m'a donné beaucoup de fil à retordre), mais s'écroule parfaitement lors de la séquence d'exploration tant on a de vie, ce qui trivialise un grand nombre de challenges facultatifs comme on peut se moquer allègrement des pics et quand même être récompensé. Le gameplay est riche et permet vraiment de voltiger et d'aller très vite, mais ne nous demande jamais vraiment de l'exploiter à fond, et les idées neuves (comme les fusées du temple de la mélancolie, ou le fait de marcher sur la lave) sont finalement rares. Enfin, l'histoire est tout de même racontée assez bizarrement, avec une très grosse cinématique avant le stage de la boîte à musique, sans n'avoir eu strictement aucune information auparavant... C'est maladroit, pour ne pas dire raté.
Bref, il y a beaucoup de choses notables et recommandables dans
The Messenger... mais aussi beaucoup d'incertitudes et d'imprécisions, de défauts, de choses qui fonctionnent moins bien, de brouillon. C'est bête, parce qu'on a là, cependant, quelque chose de très prometteur sur le papier, mais qui échoue dans l'exécution. Je pense que c'est finalement ça qui a empêché le titre de passer l'épreuve du temps, au regard de
Showel Knight ou que sais-je. Est-ce que je regrette mes 10/12h ? Sûrement pas, au contraire, j'ai bien aimé ma partie. Mais je ne pense pas y revenir, et je ne pense pas que j'y reviendrai. C'est vraiment frustrant... mais eh, ça m'a au moins rendu curieux pour
Sea of Stars, que j'avais vu passer à l'époque !
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Viresque Acquirit Eundo