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| Index du Forum » » Discussions & Débats » » Le jeu vidéo ne rivaliserait pas avec "puissance émotionnelle" d'un film... [phrase de la semaine |
| Auteur | Le jeu vidéo ne rivaliserait pas avec "puissance émotionnelle" d'un film... [phrase de la semaine |
| twipol Pixel monstrueux ![]() ![]()
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Joue à Duplo, petites voitures et livres musicaux... Inscrit : Mar 15, 2003 Messages : 2702 De : Lyon Hors ligne | Citation :
La phrase de la semaine : « Le cinéma est capable de procurer des émotions ; le jeu vidéo, lui, doit se contenter de faire peur de temps à autres, ou de provoquer de vagues poussées d’adrénaline. La prochaine grande étape pour le jeu vidéo, ce sera ça : reproduire la puissance émotionnelle d’un film. » (Chris Hewett, chef de développement chez Monolith Productions, 2003)
Ce genre de phrase me rappelle immanquablement David Cage, son Fahrenheit et ses délires sur l'émancipation du jeu vidéo qui passerait par un rapprochement avec le cinéma. C'est ignorer tout ce que le jeu vidéo a de spécifique, et montre une profonde incompréhension du médium. On pourrait d'abord, c'est le plus évident, citer en exemple de nombreux jeux scénarisés - qu'il s'agisse de RPG, de jeux d'aventure-action, de certains jeux de plate-forme... Un BGE, un Ico, un Abe's Oddysee procurent des émotions complètement propres au jeu vidéo dans leur façon "d'imbriquer", avec une cohérence remarquable, un contexte narratif et les actions demandées ou suggérées au joueur. Mais pour aller plus loin, certains jeux sont aussi générateurs d'émotions singulières en se démarquant beaucoup plus nettement d'un principe narratif cinématographique (en fait c'est déjà un peu le cas d'Ico), comme Rez, qui personnellement m'a vraiment ému (au sens premier du terme) par la façon dont il implique le joueur dans cette espèce de chorégraphie, la cohérence avec laquelle s'imbriquent thématiques, parti-pris graphiques, musiques... tout cela avec une certaine virtuosité. Se montrer insensible à tout cela, au profit d'une idéologie d'un jeu vidéo "noble" qui ne serait en fait qu'un dérivé du cinéma, c'est aussi partir du principe que les émotions les plus intenses sont forcément générées par quelque chose de narratif : des personnages, une histoire... Le pathos comme seul vecteur d'émotion, en somme. Tant pis pour cette "virtuosité" que j'attribue à un jeu, donc, comme Rez. Je prêche certainement des convaincus, sur ce forum, en défendant l'idée que le jeu vidéo ne s'émancipera pas (à considérer que ce ne soit déjà fait, ou même tout simplement que cette notion soit pertinente) en devenant une sorte de cinéma interactif. Mais justement ça m'a d'autant plus étonné de voir cette phrase sur le site. Même si je ne crois pas qu'en général, la phrase de la semaine propose forcément une idée défendue par celui qui l'a choisie, je me demande ce qui a motivé le choix de celle-ci. (c'était peut-être ironique et je serais complètement passé à côté ?) ---- Maintenant, même si je prêche bel et bien des convaincus, je sais aussi qu'il y a un paradoxe au sein des vrais amateurs éclairés de jeux vidéo, y compris dans une communauté comme celle des forums de Grospix. Si on y retrouve souvent l'idée que le jeu vidéo est déjà depuis longtemps un art à part entière, ce sont parfois les mêmes qui vont s'enthousiasmer devant un Rez, un Ico (encore eux), un Shadow of the Colossus ou un Killer7 en déclarant qu'on tient là une de ces œuvres qui donnent au jeu vidéo ses lettres de noblesse, qui en font un art à part entière (souvent avec plein de majuscules, mais ça me gonfle alors j'en mets pas Je pense que l'on gagnerait à démystifier le cas de ces jeux. D'une part, cela rendrait service aux jeux en question (Rez aura finalement beaucoup souffert d'être mis en exergue pour ce qu'il n'était pas, ce qui a faussé d'emblée les jugements à son égard). D'autre part, on se tire une balle dans le pied car involontairement, on fait basculer dans une catégorie "jeux mineurs" des brouettes entières de grands jeux (en clair, on pourrait présenter Rez comme une œuvre d'art mais pas un Mario ?). (j'aurais peut-être dû réserver ce dernier paragraphe à un autre topic... tant pis, on verra bien) _________________ "Et quand ils devenaient mécontents […] cela ne menait à rien, car sans idées générales, ils ne se focalisaient que sur des contrariétés insignifiantes. Les plus grands maux échappaient invariablement à leur attention." G. Orwell |
| twipol Pixel monstrueux ![]() ![]()
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Joue à Duplo, petites voitures et livres musicaux... Inscrit : Mar 15, 2003 Messages : 2702 De : Lyon Hors ligne | Hum je dois préciser un truc : je ne suis pas vraiment l'actu des jeux et m'étant égaré sur le forum actu justement, j'ai vu de David Cage venait de sortir un jeu. J'ignorais complètement cela en rédigeant le post précédent, sachez-le
Enfin bon je ne sais pas si ça change grand chose car en lisant un peu le topic sur Heavy Rain, par rapport à Fahrenheit, ça semble être du bis repetita (que ce soit le jeu ou les réactions suscitées). _________________ "Et quand ils devenaient mécontents […] cela ne menait à rien, car sans idées générales, ils ne se focalisaient que sur des contrariétés insignifiantes. Les plus grands maux échappaient invariablement à leur attention." G. Orwell |
| Kimuji Pixel monstrueux ![]() ![]() Joue à Pillars of Eternity Inscrit : Jul 04, 2005 Messages : 4372 Hors ligne | Le jeux vidéo est multiple et n'est pas un bloc monolithique, le jeu vidéo pris de manière globale n'est pas un art, mais certains titres peuvent revendiquer un statut d'oeuvre. Je suis fatigué de toutes ces déclarations qui affirment que le jeux vidéo doit tendre vers l'art. On peut faire de l'art en partant d'un jeu, mais on peut aussi faire des jeux excellents qui n'auront rien d'une oeuvre d'art. Bref on peut faire de l'art avec des jeux, mais le jeu vidéo n'est pas un art en lui même, ce qui compte c'est la démarche.
Ensuite pour ce qui est de l'émotionnel, là aussi ce nouveau graal est exaspérant, cela pose me pose une question: provoquer des émotions est-il un concept ludique? Vouloir jouer à se provoquer diverses émotions n'est-il pas quelque part une certaine marque de pauvreté dans ce domaine dans la vie de nos sociétés? Le cinéma biensur investi le domaine émotionnel (mais pas seulement, il propose aussi d'autres choses) mais le spectateur ne joue pas, il regarde et écoute, on lui raconte une histoire. Le spectateur vient pour être diverti ou pour s'ouvrir l'esprit (ou les deux à la fois). Ce second élément est important car on ne peut réduire le cinéma à faire rire et pleurer tous les films ne jouent pas sur la corde sensible, et heureusement. Faire ressentir des émotions juste pour faire ressentir des émotions c'est finalement une démarche assez pauvre. Ça n'a que peu d'intérêt si le film n'a rien à dire. Et c'est un peu ce qui me dérange dans tous ces propos à propos de l'évolution du jeu vidéo, que ceux qui tiennent ce discours sont plus préoccupé par l'idée de faire ressentir (et généralement c'est du basique: tristesse, joie) que celle d'avoir quelque chose à dire. De même que "reproduire la puissance émotionnelle d’un film" ça ne me parait moins pertinent et riche que de vouloir créer de la complexité émotionnelle. Car il faut bien admettre que même lorsqu'on regarde les jeux les plus évolués au niveau de leur construction cinématographique ils provoquent souvent une réaction émotionnelle en utilisant des artifices assez primaires, la perte d'un proche d'un proche étant le plus courant. Tout ne se mesure pas en terme de puissance, ce n'est pas ce qui fait pleurer le plus fort qui est forcément le plus riche de contenu. Je pense que l'on confond jeux vidéo et informatique, le vrai médium c'est l'informatique, le jeux vidéo n'est qu'une des très nombreuses applications de l'informatique. Le "film interactif" en tant que nouveau champ d'expression est le défi conjoint de l'informatique et du cinéma mais pas celui du jeu vidéo. |
| David Glaçon du sentiment ![]() Joue à Clair Obscur Expedition 33 Inscrit : Mar 17, 2002 Messages : 10506 De : Lille, en l'an 3000. Hors ligne | @Twipol : je te le confirme, les "phrases de la semaine" ne reflètent aucunement l'opinion des membres du site.
La phrase de cette semaine reflète, sans la moindre ironie, l'opinion d'Hewett qui, hasard du calendrier, rappelle effectivement beaucoup celle de Cage. Sauf que Hewett s'exprimait il y a déjà 7 ans. Et effectivement, attendre d'un jeu vidéo qu'il procure le même type d'émotion que celui procuré par un film est très réducteur et extrêmement crétin. Des émotions, le jeu vidéo m'en a procuré par pelletés de douze, et de toutes sortes.
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| Kaede Pixel visible depuis la Lune ![]() ![]() Inscrit : Mar 06, 2002 Messages : 5336 Hors ligne | ICO m'a ému autant qu'un film aurait pu le faire, et en terme d'implication c'était évidemment supérieur.
Pour moi le seul "point faible" des jeux par rapport aux films, qui a quand même tendance à s'améliorer, c'est évidemment la crédibilité des personnages. Il est trop courant que les personnages ne remarquent pas le joueur ou ne donnent pas un poids crédible à ses actions (dans pas mal de RPG), que les personnages continuent de parler au héros alors qu'il saute comme un cabris juste un face, que des animations cafouillent un peu, qu'il soit trop flagrant que les personnages agissent comme des bots, etc. Evidemment, cela ne veut pas dire que les personnages doivent se comporter comme des humains dans tous les jeux - car dans pas mal de jeux, il faut absolument que le joueur puisse deviner les réactions des ennemis - mais juste dans ceux où ce n'est pas important pour le gameplay. C'est le genre de défauts dont les films (enfin pas que les films, tous les arts non interactifs) souffrent moins, vu qu'une scène mauvaise peut-être tournée à nouveau. |
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Joue à ---===AIRMECH===--- Herzog Zwei is not dead ! Inscrit : Apr 18, 2002 Messages : 3029 De : chez moi. Hors ligne | Je note une simple chose, est que c'est un fantasme trés puissant et ce depuis plus de vingt ans que de vouloir faire du jeu vidéo un mirroir du 7ieme art. A l'époque des micros et consoles 16 bits; un jeu de plateforme de grande qualité se voyait tarir d'éloges avec des phrases milles fois entendues : On se croirait dans un dessin animé (sous entendu un Disney et non pas les Manga qui étaient alors décriés). Depuis, les jv on fait un bon bout de chemin en passant par la case -Films Interactifs-. Ou comment ces derniers trahissent l'empressement de tout un pan d'une industrie révant trés fort de faire du JV un art (un média plutôt) aussi puissant que le cinéma en permettant au joueur d'interargir lui même avec les évenements. Mon avis est que le cinéma ne dégage pas autant de puissance émotionnelle, ne titille pas autant l'imagination que la littérature. Et pourtant je ne lis pour ainsi dire pas. Et pour moi le JV se place justement entre ces deux média. Comme dans un livre, certains jeux proposent de quoi assouvir son propre besoin de lecture, mais surtout, tout comme a un lecteur, il donne le temps infinie à la reflection, la contemplation. A tout moment il est possible de s'attarder, de revenir sur ses pas, d'admirer, de penser. Le cinéma ne propose pas cela sous cette forme. Dans une salle de cinéma, le spectateur est dépendant du flux de la narration et de la mise en image de celle ci. Idem pour la télévision. C'est de l'instantané, de l'immédiat. Le spectateur en ressort epoustouflé, hilare ou ému. Il ne pourrat savourer et se délecter à nouveau que s'il revisionne entièrement l'oeuvre. La littérature et les jeux, en plus de cela, rendent actifs celui qui s'y adonne et lui laisse l'entière liberté de prendre son temps et justement de pouvoir a chaque instant profiter chacun à sa mesure du moment. _________________
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Joue à Freelancer Inscrit : Nov 22, 2003 Messages : 13043 De : Orléans Hors ligne | Des jeux qui donnent des émotions puissantes j'en ai connu un paquet.
Balises spoils au rapport : Lost Odyssey : - Fin du premier DVD > La mort et l'enterrement de Lyrum et les souvenirs de Kaïm (le père de Lyrum !) qui se débloquent brutalement. - Dans le jeu > Les différents chapitres de "Un millénaire de rêves" dont certains parlent franchement du racisme, de génocides avec le récit poignant du massacre d'un peuple sur une île, même de la torture d'un enfant qui va jusqu'à se crever les yeux pour se suicider, le carnage d'un général de guerre... Tales of Symphonia : - La torture des humains dans les Fermes Humaines. - Le fait que ces mêmes humains sont destinés à devenir de la nourriture pour un parasite servant à fabriquer des Exsphères. Ces mêmes Exsphères que toute l'équipe utilise pour devenir plus fort. Il est facile d'imaginer le dégout qu'ils ressentent lorsque les héros l'apprennent. - La mère de Raine et Genis et son récit à Exyre. Mass Effect : - La quête de Talitha (il faut avoir choisit un passé où Shepard a été capturé par des esclavagistes Butariens à 16 ans) à la Citadelle. Avec assez de charisme / intimidation, on apprend tout ce qu'elle a vécu avec les esclavagistes et Shepard évoque brièvement ce que lui a vécu de son coté. Impossible de rester de marbre face à de tels moments. De se dire "c'est que du pixel donc ça ne transmet que dalle". N'importe quel jeu est capable de transmettre des émotions de par son histoire, son contexte, ses personnages, ce qu'il représente à l'écran. La "puissance émotionnelle", c'est quoi exactement ? Une émotion si puissante qu'on en a encore le coeur qui bat à 100 à l'heure après un climax / twist infernal dans un film ? Déjà ressenti dans les jeux pour ma part. _________________ Super Putty Squad, Mega Man 11, Bubsy 4, Sonic Mania... où est mon nouveau Turrican ? |
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Joue à Crazy Taxi, Sega Rally Inscrit : Mar 08, 2002 Messages : 10287 De : The cable car, puis Pizza Hut™. Hors ligne | La définition de l'Art en lui-même est déjà quelque chose d'ardu, sur lequel des gens se prennent bien la tronche...
Alors savoir si "le jeu vidéo" peut / doit être un Art, alors qu'on devrait plutôt parler des multiples formes que les jeux vidéo peuvent prendre, c'est encore plus tordu. Et comme je suis un peu pervers, je rajouterai que faire un très bon jeu, un très bon divertissement ludique, c'est une forme d'Art aussi. Les auteurs de Tetris, Super Mario Bros, Crazy Taxi ou Puyo Puyo (entre autres - plein !) sont des artistes. Peut-être pas comme l'entendent les petits péteux façon Mr Cage, et pourtant ils en sont. EDIT : et sinon question émotions puissantes, j'ai ça :
Et là, tous les Heavy Rain du monde peuvent aller se rhabiller, je me chiais dessus devant ma brique beige et son écran illisible.
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Joue à Freelancer Inscrit : Nov 22, 2003 Messages : 13043 De : Orléans Hors ligne | Comment oublier Mystic Quest / Seiken Densetsu sur GB ? Par contre j'ai oublié Zelda: Link's Awakening, toujours sur GB Panzer.
_________________ Super Putty Squad, Mega Man 11, Bubsy 4, Sonic Mania... où est mon nouveau Turrican ? |
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Joue à Skyrim, Photoshop :) Inscrit : Nov 21, 2005 Messages : 645 Hors ligne | Eprouver des émotions à travers le jeu video? Oui, cela m'arrive parfois, d'une manière différente de celle du cinema cependant.
Dans le jeu video, les émotions privilégiées sont celles qui font monter l"adrénaline : des courses aux jeux d'aventure cauchemardesques aux défis face à un chrono ou à un chargeur qui se vide inexorablement ; ces émotions sont assez primaires et brutes et reflètent rarement la palette de sensations qu'un film est capable de proposer. Pour moi, le jeu video est très souvent l'équivalent d'un sombre nanard sci-fi de la TNT avec des personnages hyper caricaturaux, dogmatiques, au pragmatisme souvent indigeste. Quelques oeuvres tels Deus Ex, ICO, Metal Gear solid et parfois Psychonauts sont allés plus loin dans la narration par l'ajout d'un lyrisme ou d'une trame scénaristique solide pas même plus adulte mais simplement construite. Un défaut majeur du jeu video, dans sa conception même, est que l'on est acteur : les réactions du joueur amputent par elles-même le développement d'un scénario - le réduisant à une simple ligne directrice forcément moins fantasque que ne se le permet le 7eme art. Difficilement explicable en quelques mots, imaginez-vous adapter "Dark City" ou "Une nuit en enfer" en conservant ce qui fait que ces films sont des réussites... pas facile je pense... Les lieux communs et la palette de sentiments récurrents au JV et ciné se limitent donc pour moi à de très rares exceptions près au bourrinage zombiesque ou décérébré à la Rambo 4 ...
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Joue à Wizardry 8 Inscrit : Nov 29, 2005 Messages : 360 De : Paris By Night Hors ligne | Stan, faut jouer à autre chose qu'à des jeux d'action.
C'est comme si tu regardais que des films d'action et que tu disais que contrairement aux bouquins, les films ne permettent pas d'exprimer la palette d'émotion de la littérature. |
| Manuel Pixel monstrueux ![]() ![]() Inscrit : Jan 02, 2003 Messages : 3932 De : Grenoble Hors ligne | L'immersion proposé par le jeu vidéo est plus profonde que celle du cinéma, tout simplement parce qu'on est impliqué (les sentiments recouvrent pas mal d'impressions et de ressentis, un stress ou une atmosphère glauque provoque déjà pas mal d'émotions, la joie et la tristesse comportant elle-même une infinité de nuances).
A la différence d'un film, un jeu vidéo prend en général beaucoup plus de temps d'implication, on s'attache en général plus à l'univers et aux personnages (c'est pour ça aussi que les histoires sont peut être en général moins alambiqués qu'un film, qui suit un fil scénaristique précis et rythmé par son montage figé. Il y a aussi l'aspect ludique qui est plus ou moins élaboré, un jeu consiste souvent à conquérir ou a devenir de plus en plus puissant, ce sentiment de pouvoir sur l'univers du jeu est aussi grisante, qui n'a jamais levé le poing après un boss particulièrement retors ou un passage délicat ? C'est un sentiment particulier de satisfaction personnelle que de maîtriser un univers et ses codes, là encore c'est de l'émotion, allié à une confiance certaine en sa dextérité et/ou son potentiel intellectuel. Mais le challenge n'est pas tout, le plaisir que l'on peut avoir à s'évader quelques heures hors du monde vers un autre univers qui nous sort de notre condition peut nous procurer toute une palette d'émotions : émerveillement, contemplation, relaxation (pour certains titres), exaltation etc ... Non vraiment ces types qui racontent tout et n'importe quoi sur le cinéma plus fort que le jeu n'ont rien compris, chaque médium a son langage et se réinvente dans les limites de son support. Le cinéma essaye encore de les repousser, voir la 3D récemment bien exploité dans Avatar, un succès pareil ne s'explique pas que par la pub faite autour, je connais des personnes qui n'aime pas la SF ni les jeux vidéo appréciés ce film, l'expérience apporté était sans doute inédite pour beaucoup d'entre eux et leur a procuré du plaisir. Mais ça n'empêche pas d'autre films tout aussi créatifs de se cantonner uniquement au bon vieux 35mm tout en proposant une expérience originale et inédite. Pour le jeu vidéo c'est pareil, on explore plein de nouvelle limites mais celles déjà définies permettent encore d'inventer des choses, de faire de nouvelles expériences qui par essence provoquent des émotions, le revival de la 2D en est la preuve, d'ailleurs un Braid ou un world of goo sont sûrement plus intéressants que le dernier FPS ultra-HD aux reflets plastiques, Je trouve que si certains développeurs sont de vrais cracks en technique leurs choix esthétiques sont souvent hideux, sans parler des mécanique de jeux archi-vus et revus, niveau émotion c'est nul, froid, creux, à la rigueur ça peut être un sujet de discussion technique mais c'est tout, alors qu'un jeu 2d tout simple comme celui-ci provoquera sans doute bien plus d'émotions : http://hcsoftware.sourceforge.net/passage/index.html Et dire qu'avec un simple crayon et un papier certaines des plus grandes oeuvres de l'Humanité ont été créées. Mais l'origine d'une création est toujours l'esprit humain, les outils qu'il invente sont juste des supports pour laisser aller son imagination, que ce soit le cinéma, la musique ou le jeu vidéo je ne vois pas pourquoi certains seraient mieux qu'un autre, d'ailleurs il y a tout à gagner à laisser les deux évoluer côte à côte, le jazz n'a pas tué le classique de même le cinéma n'a pas tué la littérature, il arrive même qu'ils s'enrichissent mutuellement.
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Joue à Skyrim, Photoshop :) Inscrit : Nov 21, 2005 Messages : 645 Hors ligne | Citation :
Le 2010-03-03 15:23, Tramboi a écrit :
Stan, faut jouer à autre chose qu'à des jeux d'action. C'est comme si tu regardais que des films d'action et que tu disais que contrairement aux bouquins, les films ne permettent pas d'exprimer la palette d'émotion de la littérature. justement, j'avais pas voulu faire trop long à développer mes expériences de jeux de rôle. En gros la japoniaiserie (je n'ai plus de respect pour le RPG Japz) me sort par les trous de nez : manicheisme ultime, mièvrerie, psychologie adolescente à tous les étages et questionnement récurrent sur le sens de la vie (de heros ou loser, au choix) m'ont fait abandonner, malgré ma bonne volonté : je peux tout de même citer qques jeux de rôle japz qui m'ont parfois vaguement touché mais JAMAIS ému (comprendre : dans le sens de ressentir de VIVES émotions) : secret of Mana car il fut le premier...euh, Shadow heart II car l'humour irrévérencieux m'a fait marrer. Mais JAMAIS je n'aurais envie de chialer dans un jeu de rôle japz : malgré mon implication, je sais pertinemment que tout ceci reste un scénario et la vision d'un avatar en pixels/polygones ne renforce pas l'immersion. Je trouve plus mon compte dans le JDR "à l'européenne" : Oblivion, Morrowind, VampireII ou Legacy of Kain font partie de mes "must have" mais il n'empêche que mise à part l'adrénaline des combats et la tension que j'ai ressenti dans Oblivion chez les Daedras ou dans le village de conspirateurs, je ne peux pas dire que ma palette d'émotions soit vraiment développée hormis la joie de triompher et le stress d'un combat ou d'un environnement glauque... Pour moi, ce n'est définitivement pas comparable avec le cinéma.
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Joue à Wizardry 8 Inscrit : Nov 29, 2005 Messages : 360 De : Paris By Night Hors ligne | Oh alors là tu prêches un converti pour le RPG jap', mais planquons-nous, on pourrait se faire allumer.
Ceci dit les RPGs Bethesda sont pas exactement ce que j'appellerais des jeux à la narration maîtrisée, hum. Et n'oublions pas le jeu d'aventure, qui a longtemps été le maître de la narration. Alors, quand même, Planescape : Torment, Loom, The Last Express ou tant d'autres, sont bien plus intéressants que 99% de la production ludique et que 95% de la production cinématographie |
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Joue à Skyrim, Photoshop :) Inscrit : Nov 21, 2005 Messages : 645 Hors ligne | Citation :
Le 2010-03-04 12:32, Tramboi a écrit :
Oh alors là tu prêches un converti pour le RPG jap', mais planquons-nous, on pourrait se faire allumer. Ceci dit les RPGs Bethesda sont pas exactement ce que j'appellerais des jeux à la narration maîtrisée, hum. Et n'oublions pas le jeu d'aventure, qui a longtemps été le maître de la narration. Alors, quand même, Planescape : Torment, Loom, The Last Express ou tant d'autres, sont bien plus intéressants que 99% de la production ludique et que 95% de la production cinématographie Ouaip, mais le principe de fonctionnement du jeu d'aventure à la Lucas-Art, même s'il maîtrise parfaitement la narration, reste lent voire statique (on peut laisser le jeu en pause, sans que rien ne se passe plus). C'est très mauvais pour l'immersion tout ça. "Sanitarium" par exemple est dégoûtant par son background mais pas effrayant pour 2 sous alors que c'était la base même de son postulat. Que ces jeux soient intéressants, c'est un fait avéré, qu'ils permettent de véhiculer des émotions aussi variées que le ciné ou communes au ciné, je n'en suis pas convaincu. En revanche, je pense que les jeux textuels du début 80' ou certains jeux d'arcade/aventure de cette période (je pense à ADD&D sur Intellivision qui me faisait flipper) sont vecteurs d'émotions fortes car l'imaginaire devait compenser l'aspect brut de la représentation.
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Joue à Wizardry 8 Inscrit : Nov 29, 2005 Messages : 360 De : Paris By Night Hors ligne | Ouais, j'ai pas parlé des aventures texte parceque ça parle à peu de monde, mais la place laissée à l'imagination en fait un vecteur potentiellement très puissant.
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| Kimuji Pixel monstrueux ![]() ![]() Joue à Pillars of Eternity Inscrit : Jul 04, 2005 Messages : 4372 Hors ligne | La question des émotions dans un jeu ne peut pas être traitée comme au cinéma, parce que du fait de l'immersion dans les jv on peut faire ressentir les choses de façon beaucoup plus personnelle et donc plus forte. L'auteur de cette citation se trompe, on implique bien plus fortement un joueur qu'un spectateur de cinéma, et là où je dirai qu'il n'a encore rien compris c'est que ça n'est pas forcément un avantage, tout simplement parce que dans les jv du fait de cette implication personnelle on s'émeut souvent sur pas grand chose, il y a sur-investissement émotionnel. Pour abréger: on pleure pour des conneries. Émotion forte n'est pas gage de qualité, les meilleurs films sont les plus fins, dans les jv on on dirait que c'est le raisonnement inverse, c'est celui qui fait pleurer le plus fort qui est le meilleur... Le défi, et encore il ne concerne qu'une partie des jeux, ceux qui veulent raconter des histoires, n'est pas de déclencher une forte émotion, ça on sait le faire. Le progrès serait de d'arriver à toucher sans recourir à l'artillerie lourde, réussir atteindre sans que ce soit ce mécanisme d'immersion qui soit le premier agent actif dans le processus car il amplifie tout et déforme tout à en faire passer le superficiel pour du profond. L'autre défi de ces jeux narratifs c'est d'arrêter de penser que c'est l'implication émotionnelle qui est l'élément fondamental de tout récit. Avoir quelque chose d'intéressant à dire, stimuler un peu la réflexion au delà des poncifs et des lieux communs c'est aussi important (et souvent plus difficile) que de provoquer de l'émoi.
Citation : Pas d'accord, parce qu'à ce compte là tout est un art du moment que c'est bien fait, et si tout est de l'art alors l'art n'existe plus. Faire un bon jeu ce n'est pas faire de l'art. Un inventeur n'est pas forcément un artiste, un bon inventeur peut être excellent dans son domaine sans être pour autant un artiste, et si il en est aussi un ça ne modifie pas ses qualités d'inventeur (que ce soit en bien ou en mal), parce que c'est indépendant. Tu cites d'excellents jeux, qui n'ont rien d'oeuvre d'art et qui n'ont pas besoin d'en être pour recevoir des éloges. Perso j'en ai un peu ras le bol qu'on ait besoin de sortir l'argument de l'art pour essayer de donner une sorte de statut supérieur à un jeu. Pourquoi est-ce qu'être un très bon jeu ne suffit pas, pourquoi faut-il dire que c'est de l'art? Parle de génie si tu veux, là je te suivrai, mais ramener ça sur le terrain de l'art c'est un début de raisonnement à la David Cage. On a pas besoin de tendre vers l'art pour faire un bon jeu. Je n'ai pas besoin de me dire Sonic c'est de l'art pour en relancer une partie sans en avoir honte.
Et comme je suis un peu pervers, je rajouterai que faire un très bon jeu, un très bon divertissement ludique, c'est une forme d'Art aussi.
Les auteurs de Tetris, Super Mario Bros, Crazy Taxi ou Puyo Puyo (entre autres - plein !) sont des artistes. Peut-être pas comme l'entendent les petits péteux façon Mr Cage, et pourtant ils en sont. Citation : Tu as bien fait de rajouter ce que tu as mis en parenthèses, parce que du questionnement j'en ai jamais vu dans un rpg japonais (mais soyons honnêtes dans les occidentaux c'est très rare aussi), du moins pas du questionnement autre que terriblement manichéen et basique. Le sens de l'existence (oui tu as dit sens de la vie, c'est effectivement différent) n'est pas un questionnement réservé aux ados et aux rpg japonais, il occupent quand même les philosophes depuis des millénaires. De là à dire que certains rpg japonais ont une portée philosophique... Non je ne le dirai surement pas. questionnement récurrent sur le sens de la vie (de heros ou loser, au choix) C'est pas le fait que certains rpg ébauchent un questionnement qui me dérange, ce qui fatiguant c'est que ce soit d'un niveau très faible (soit enfantin, soit moralisateur, soit très convenu etc...). |
| Manuel Pixel monstrueux ![]() ![]() Inscrit : Jan 02, 2003 Messages : 3932 De : Grenoble Hors ligne |
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| Shenron Pixel visible depuis la Lune ![]() ![]()
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Joue à Lost Judgment Inscrit : Jan 17, 2008 Messages : 9738 De : Massy Hors ligne | De toute façon l'immersion dans les jeux c'est très surfait. C'est avancé comme une qualité, quasiment indispensable dans les jeux modernes, "ah ce que c'est immersif", alors que des jeux de grande qualité ne sont pas du tout immersifs et ne cherchent pas à l'être (au hasard, Bayonetta). Placer le joueur humain au centre de tout n'est pas forcément la voie à suivre. Souvent c'est un moyen de jouer sur le côté narcissique du joueur, qui se sent d'autant plus puissant qu'il dirige un avatar surarmé et/ou imposant physiquement. Ce qui est paradoxal puisqu'on est de moins en moins impressionné par ce qu'on fait,et de plus en plus par ce qu'on voit.
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| Simbabbad Pixel planétaire ![]() ![]()
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Inscrit : Feb 28, 2006 Messages : 10908 Hors ligne | Et j'aimerais savoir depuis quand l'émotion serait liée à une trame narrative mélodramatique.
Parce que si on part de ce principe, on met à la corbeille 99% de l'art.
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