perso, j'ai zappé dessus, comme je zappe souvent d'ailleurs, sans vraiment regarder, plus un fond sonore qu'autre chose.
cependant, et n'étant pas désireux de rentrer dans le débat "est-ce de la merde ?", j'ai cependant une question qui me brulote les lèvres, ou plutôt une interrogation, interrogation que voici:
bien souvent, sont catalogués comme étant nuls et sans intérêt, car formatés et destinés à une cible bien précise de consommateurs, sur un très court terme, ces chanteurs/groupes.
or, les chanteurs/groupes désignés comme étant produits par un "label indépendant" sont, à contrario, désignés comme une "alternative", sortant des sentiers battus et des gros rouages commerciaux, généralement appuyés par une presse spécialisée et des chaînes de radio elles aussi alternatives, donc c'est plus mieux, plus honorable.
pourtant, il m'est régulièrement arrivé d'écouter certains auteurs de la seconde catégorie, et j'ai pourtant trouvé ça tout aussi médiocre.
ensuite, il reste les "au milieu", une sorte de transition (intestinale... arf arf arf), généralement posés comme étant des références que personnes n'oseraient, même s'il n'en pense pas moins, dénigrer.
généralement, ce sont ceux que l'on invite sur un plateau télé, histoire de donner une relative profondeur à l'émission, une sorte de gage de qualité.
d'ailleurs, ce sont souvent des vieux de la vieille et qui, assistés des références montantes, deviennent des éléments qui réunissent toutes les générations d'une seule et même famille.
d'un coup d'un seul, Alizée et ses copines deviennent vachement plus tolérées à la maison, malgrè leurs chansons tendancieuses qui poussent des gamines de dix ans à faire une crise pour avoir un sting, et les parents sont moins vieux cons parce-qu'Alizée justement, elle a chanté avec Aznavour, donc Aznavour, c'est pas si mal que ça en a l'air au final, et la boucle est bouclée.
au-delà des compositions musicales et autres interprétations dont l'appréciation n'appartient finalement qu'à chacun ainsi que le formatage et le commercialisme à outrance, ce qui m'inquiète le plus est cette propention grandissante à faire du jeune, et du moins jeune d'ailleurs, un outil qui ne peut fournir de réflexion par lui-même sur ce qu'il écoute et entend.
régulièrement, différents interprètes viennent nous faire part de leurs lumières sur à peu près tout les sujets et prêcher leur opinion comme une ligne de conduite forcément bénéfique puisqu'elle vient d'eux.
au final, on obtient une uniformisation des opinions et des modes de pensée, voire de vie, et ce, de façon intergénérationnelle.
la présentation de la chanson Française dite "à texte" se limite alors à quelques "tubes" d'un Brel usurpé jusqu'à la moëlle, d'un Brassens qui ne sait même plus dans quel sens se retourner dans sa tombe, ou d'un Léo Ferré dont l'avec le temps est devenu une rengaine bien cheap, chantée en coeur par des bobos en pleine phase d'alter-mondialisation temporaire.
sauf que les autres "chansons à textes" justement, de ces auteurs et de tant d'autres, Francophones ou non, ceux-ci n'ont pas droit de cité, parce-que réellement, profondément dérangeants, risquant ainsi de réveiller chez certains quelques bribes de conscience, enfoui quelque part, entre deux pubs pour nike et le dernier album d'NTM.
la chanson qui nous est alors proposée dans ces émissions télé et radiophonique est alors apolitique, dans le sens très large de ce terme. elle n'exprime pas d'opinion ou, au mieux, se contente d'être un élément d'observation, sans réelles et concrète analyses, ne force pas son auditeur à jetter un oeil curieux à ce qui se fait à côté et relève finalement ses influences musicales dans un courant dont elle fait partie intégrante.
son soucis majeur réside dans des sorties entre copines, des histoires de touche pipi et autres chant élogieux pour la solidarité avec les malades du cancer/les vieux/les chats crevés.
quand bien même cette chanson tente d'aller prendre l'air ailleurs, elle ne peut s'empêcher de se camoufler sous des couverts de musique aux pseudos consonnaces Afro-Latines, juste parce-que deux nanas roulent du derrière en gros plan, face à la caméra et qu'un noir de service joue du tam-tam en play-back.
quand elle tente de fricoter du côté des rockeurs, elle n'a d'yeux que pour Jonhy "France d'en-bas" Halliday et, quand le dit Jonhy n'est pas disponible, un Eddy Mitchell capable mais à bout de souffle.
parfois, elle rend visite à des Manu Chao et autres super rebels alter-mondialistes top tendance, des chanteurs de raï d'occasion ou encore des "super chanteur qui fait un tabac aux Etats-Unis" mais dont, curieusement, personne ne connait un seul titre là-bas.
vive kazaa.
ps: je m'ai rentiendre, parce-que hein, bon.
re ps: j'ai même pas causé du rap dabord.
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"Il n'est pas de lutte plus violente et déterminée que celle d'un homme face à son envie d'aller aux toilettes" - Karate Boy