Hot shock waves charge the air All heads are banging Fists pumping everywhere Guitars are cranking Heavy Metal. Heavy Metal What do you want ?
(Judas Priest - Heavy Metal)
Comme nous l'avons vu en introduction, le vrai premier épisode de la série fut créé en 1993 sur Amiga. Malgré des qualités certaines, il est l'oeuvre dont Lasse Öörni est le moins satisfait. Il faut dire qu'à cause de certains choix de game-design et de quelques erreurs de programmation, il est quasiment impossible de progresser dans le jeu. Plantages et problèmes de sauvegardes sont au rendez-vous, tandis que l'architecture des niveaux ou bien de mauvaises réponses lors de scènes de dialogues conduisent à de bien frustrants culs-de-sac.
Il faut alors attendre 2004, soit un an après la sortie de Metal Warrior 4 sur C64, pour que Lasse Öörni remette les mains dans le cambouis et décide de corriger ces divers défauts, afin d'obtenir un soft vraiment jouable. Mission accomplie avec cette version 1.1 de Metal Warrior Amiga qui, s'il ne bénéficie pas de la même finition que sa glorieuse descendance, n'en reste pas moins un titre très agréable à pratiquer.
L'aventure commence de façon bien familière pour qui connaît la saga sur C64 : Ian est d'abord dans son appartement, puis s'aventure dans la ville.
Dans cette version Amiga, on incarne déjà Ian qui est ici le chanteur du groupe Metal Army. Comme d'autres groupes de metal, lui et ses potes s'élèvent musicalement contre l'ultra-conformité dont font preuve les autres courants musicaux dans ce futur proche politiquement trop correct. Malheureusement, les métalleux sont les victimes d'accidents et d'attentats et disparaissent les uns après les autres. Le groupe de Ian n'est pas épargné et se voit attaqué alors qu'il se rend à un concert. Étant l'un des seuls survivants, Ian doit découvrir ce qui se trame. L'intrigue démarre donc plus ou moins comme le volet C64 mais elle sera peu développée. Bien qu'il soit possible de discuter avec quelques personnages rencontrés en route, il n'y aura guère de péripéties ni de révélations qui viendront rythmer le déroulement de l'aventure. En fait, quasiment du début à la fin, on avance sans très bien savoir où aller, ni pourquoi ... mais on y va quand même !
Les intérieurs de certains bâtiments manquent un peu de charme comme ici le magasin de musique qui semble bien vide. Il faudra se défaire de ce véhicule blindé et lourdement armé pour sortir de la ville. C'est le premier "boss" du jeu.
La représentation, la jouabilité et l'interface sont assez similaires à la future version C64. On déplace Ian latéralement, et notre rockeur peut sauter, s'abaisser et tirer (on trouve des couteaux de lancer dans l'appartement où l'aventure commence, on pourra découvrir ou acheter d'autres armes plus tard). À noter d'emblée que s'abaisser ne sert à rien, les tirs ennemis nous touchant quand même, c'est donc le saut qui sera la principale esquive, en plus de servir pendant les nombreuses, et toujours remarquablement jouables, phases de plateforme (ces phases de plateforme seront hélas réduites à leur plus simple expression dans les épisodes C64, ces derniers s'orientant plus vers l'action pure). On peut également choisir un objet dans l'inventaire avec les touches Z et X (clavier qwerty ...), un raccourci pour les power-up (qui redonnent de la vie) étant présent sur la touche E. Les actions secondaires s'obtiennent en entrant dans un menu avec la barre d'espace : il est alors possible de parler, acheter, vendre, charger et sauvegarder une partie, et jouer de la guitare. Tiens, voici une action absente de la version C64. À quoi est-ce que ça peut bien servir ? Plus d'infos sur ce point un peu plus loin ...
Les phases de plateforme sont plus nombreuses que dans n'importe quel épisode C64 de la série. Et elles sont très jouables. La forêt a un petit air de Shadow of the Beast, je trouve. Bon, OK, c'est pas aussi beau, mais gardez à l'esprit que TOUT le jeu a été réalisé par un seul homme, en amateur.
Le gameplay est toujours principalement axé sur l'action, soit façon "run and gun", avec des ennemis arrivant des deux cotés de l'écran à toute vitesse, soit façon "action-plateformer" avec des niveaux plus ou moins labyrinthiques parcourus d'échelles, de pièges, de sauts vicieux, et d'ennemis là encore très dangereux. La composante aventure est cependant déjà présente, quoi qu'ici encore peu développée. Elle se concentre principalement sur la ville au début du jeu, avec quelques dialogues et ce qu'on pourrait considérer comme des "quêtes secondaires" comme ce médecin retenu dans les cachots de la police et qui vous demande de l'innocenter, tout en vous fournissant deux objets indispensables à cette mission. Plus tard, il ne sera plus question de mini-quêtes ni de dialogues, mais il faudra rechercher des clés et trouver son chemin afin de progresser dans des environnements de plus en plus dangereux.
Ici, une quête secondaire qui débute lorsqu'on rencontre ce docteur injustement incarcéré dans la prison de la ville.Cet endroit sert de "hub", chaque porte menant à des raccourcis permettant d'accéder rapidement à différents endroits du jeu.
Très jouable, le jeu est aussi très difficile. Ici, une seule vie nous est accordée, et il est impossible de stocker de nombreux "items", ce qui est problématique avec les bonus de soin. Une des clés pour progresser est une gestion minutieuse de l'inventaire : trouver l'arme qui vous convient le mieux et laisser les autres emplacements libres pour transporter des power-ups, les clés permettant de progresser, ou les très précieux (et rares) boucliers rendant invincibles quelques petites secondes. Mais les nombreux assassins armés de lance-roquettes et autres mutants belliqueux risquent de mettre au tapis les moins endurants des joueurs, surtout lors d'un passage éreintant (mais jouissif) où il faut traverser une interminable forêt sous le feu nourri de nombreux ennemis avant d'arriver à la zone industrielle où se poursuit l'aventure.
Ici une séquence très éprouvante où il faut avancer inlassablement en étant harcelé par des dizaines et des dizaines de mercenaires armés jusqu'aux dents. Laboratoires et bases secrètes constituent des sortes de "donjons" avec beaucoup de pièges et d'échelles, et quelques énigmes.
Parlons maintenant de l'option permettant de s'entraîner à la guitare. On accède ainsi à un sous-écran listant des techniques et des chansons. Il faudra acheter des cours et des partitions pour pouvoir commencer à s'entraîner. Mais ça ne suffira pas : il faudra également remplir quelques sous-quêtes afin de se voir enseigner quelques compétences de base (le texte d'intro du jeu nous rappelle que Ian est le chanteur du groupe et que ses compétences musicales sont donc plus que limitées !). Après avoir acquis les bases nécessaires, on commence l'entraînement lui-même. Je m'attendais à un petit music-game primitif et amusant, mais malheureusement il n'est question ici que d'agiter le joystick à gauche et à droite le plus rapidement possible pour faire monter une jauge. Et dans quel but ? Eh bien je l'ignore ^^ Peut-être la maîtrise musicale n'intervient-elle que dans une séquence à la fin du jeu ? Car malgré mes efforts, je ne suis pas arrivé jusque-là. Ce premier jet dédié à l'Amiga est globalement bien plus difficile que son successeur sur C64...
L'écran qui permet de s'entraîner à la guitare et d'apprendre de nouvelles chansons. Mmmm ... il semblerait que le groupe de Ian soit un cover-band !Nez à nez avec une grosse bête ! Les boss sont de taille impressionnante mais pas très mobiles.
Globalement, Metal Warrior Amiga est un jeu correct. Il lui manque cependant une partie de l'ambiance qui rend la version C64 si géniale. On ne bénéficie pas ici des cut-scenes ni des dialogues légèrement décalés qui font une part du charme de la version dédiée au petit frère 8 bits. De plus les musiques, bien que techniquement très bonnes, ne proposent pas des mélodies aussi entraînantes. C'est d'ailleurs certainement ce point, encore plus que le niveau de difficulté moins bien réglé, qui font qu'on ne retiendra pas forcément cet épisode, malgré les modifications effectuées par son auteur pour le rendre parfaitement jouable. Personnellement, je le recommande tout de même chaudement à tous ceux qui ont apprécié Metal Warrior sur C64.
The Gods Made Heavy Metal, And They Saw That It Was Good They Said To Play It Louder Than Hell, We Promised That We Would When Losers Say It's Over With, You Know That It's A Lie The Gods Made Heavy Metal, And It's Never Gonna Die
(Manowar - The Gods made Heavy Metal)
Ainsi s'achève ce dossier dédié à la série de jeux "homebrew" Metal Warrior. J'espère qu'il vous aura donné envie d'essayer ces excellents titres que je vous recommande de tenter dans l'ordre, afin d'apprécier la continuité des événements et de l'histoire des protagonistes. Mais si vous ne devez en faire qu'un, c'est bien entendu le formidable Metal Warrior 4 : Agents of Metal qui se doit de retenir toute votre attention. Peut-être en viendrez vous alors aussi à qualifier ce titre de "Half-Life en 2D", comme l'ont fait certains fans sur des forums dédiés au C64.
- Notez que ces jeux sont téléchargeables sur cette page, dans la section "games". NB : Tous les épisodes C64 ont été testés par mes soins sur l'émulateur WinVice dans sa version 2.1. Aucun problème pour les parcourir du début à la fin à condition dedésactiver l'option "Fastloader" dans le menu de boot du jeu, ou d'activer l'option "true drive emulation" dans les options de l'émulateur. Le portage GBA de Metal Warrior 4 a été testé avec succès sur l'émulateur Visualboy Advanced ainsi que sur une vraie GBA à l'aide d'un Linker M3 Movie Player.