
Fin
1997, les jeux de plate-formes se remettent à peine de la claque infligée
par Super Mario 64 sorti sur Nintendo 64 un an
et demi plus tôt. Les standards du genre ont été redéfinis,
il faut désormais parfaitement maîtriser la 3D. En tous cas sur Nintendo
64, car sur 32 bits, aucun jeu de la trempe ne s’est alors fait réellement
remarquer. Bien sûr, il y a Crash Bandicoot, Pandemonium,
voire Nights dans un registre quelque peu différent,
mais aucun ne peut réellement se targuer d’être LE Mario 64
des 32 bits. C’est ainsi que les petits gars de Argonaut Software décident
de sortir LE jeu de plate-forme sur PlayStation et Saturn : Croc - Legend
of the Gobbos.


Passage
obligé, le jeu s’oriente sur un axe enfantin : Croc est un petit
croco (non ?) tout mimi tout moumou, avec des yeux trop choux. Notre héros
est retrouvé par les Gobbos dans un couffin abandonné à la
rivière... Les gentilles petites créatures toutes rondes et toutes
poilues avec de grands yeux trognons que sont les Gobbos décident d’adopter
Croc. Mais un jour un grand vilain reptile capture la famille adoptive de notre
cher Croc (nooooon !!!). Il va donc falloir leur porter secours.


Voilà
pour le contexte. S’il est gamin à souhait, il faut tout de même
souligner à quel point l’effet est cette fois réussi :
Croc est VRAIMENT trop chou, les musiques sont toutes douces, les couleurs chatoyantes…
Un vrai bonheur !!! Le gameplay est quant à lui des plus classiques :
il faudra se frayer un chemin au travers de très nombreux niveaux, répartis
sur plusieurs îles aux tonalités classiques (on retrouve les inévitables
forêts, volcans, glaciers, bassins, déserts, châteaux, etc.)
en faisant toutes sortes de sauts de corniche en corniche, de plate-forme en plate-forme
(tiens tiens... ;o), en s’accrochant à des remparts, en nageant,
glissant, etc. Quelques minis casse-têtes viendront tenter de corser le
tout - avec une certaine réussite parfois !! Il faudra bien évidemment
libérer un maximum de Gobbos, enfermés dans des cages nécessitant
des clés... Le level-design est fort ingénieux et la traversée
des niveaux en devient réellement intéressante, surtout que la maniabilité
est tip-top sans être non plus trop laxiste, sans problème de caméra
(enfin presque)... Croc se contrôle donc avec un bonheur certain dans des
niveaux bien conçus, au gré d’une difficulté allant
crescendo et très savamment dosée...

Bref,
que du classique, mais vraiment que du bon ! Car à toutes ces qualités
s’ajoute une réalisation de haute volée : modélisation
‘pâte à modeler’ très réussie, textures
fines et détaillées (rendus magnifiques de la neige, du sable, de
l’eau...). L’animation est souple et fluide, et les effets sympatoches
(flammes, flocons, glace, etc.). Du tout bon. Vraiment. Et ce aussi bien sur PlayStation
que sur Saturn, les deux versions étant en tout point semblables... La
durée de vie, elle, est plus que satisfaisante même si on ne criera
pas à la surenchère... Et on reste de ce côté loin
du modèle Mario 64. Et pour en revenir à la comparaison avec ce
cher Mario, certes Croc n’a pas son envergure, et propose des niveaux loin
d’être à sa (dé)mesure, mais il n’empêche :
Croc ne possède quasiment que des qualités : réalisation,
maniabilité, longévité, plaisir de jeu... De fait, Croc s’accapare
aisément le titre de meilleur jeu de plates-formes 3D conventionnelle sur
32 bits en ce mois de décembre 1997... Et ce ne sera pas pour nous déplaire.
Croc est décidément trop chou, et il nous fait les yeux doux. Et
ce petit malin nous refera le coup un jour de 1998, dans un Croc 2 toujours aussi
sympathique que classique pour lequel on reprendra la manette avec bonheur...
Corentin M.